Le Palars Sobira, de Mounicou à Esterri d’Aneu
Le Palars Sobira est situé dans la région des Encantats. C’est la quatrième région de Catalogne par la superficie et elle possède une des densités les plus basses du pays, avec seulement 4 habitants au kilomètre carré. On trouve dans la région le plus grand lac des Pyrénées, celui de Certascan, et le sommet le plus haut de Catalogne, la Pica d’Estats (3 143 m).
Étape 15: de Mounicou à l’Etang de Montcalm (+1450m, -100m, 6km)
Refuge du Pinet, bivouac à l’Etang de Montcalm
Jean se repose une journée à Auzat et nous risquons donc de ne plus nous revoir sur la HRP. Nous échangeons nos coordonnées, pour nous tenir au courant de nos progressions respectives. Christine, toujours dévouée, nous conduit au départ de l’étape après Mounicou, en shuntant toute la partie sur route sans aucun intérêt. Nous nous disons au revoir un peu tristes…


Étape 16: de l’Etang de Montcalm à l’Estany de Barbote (+950m, -1000m, 9km)
Col de Riufred, Pic Verdaguer, Pica d’Estats, Port de Sotllo, Col de Baborte, bivouac à l’ Estany de Barbote


Nous posons les sacs au pied de la Pica d’Estats et pendant que je gravis le Pic Verdaguer, Philippe attaque l’Estats. Du sommet du Pic de Verdaguer, 
Nous descendons sur un névé vers le port de Sotllo, gravissons de la caillasse, puis un névé persistant assez pentu, mais qui ne pose pas de problème cette année. Nous y croisons une famille de Toulousain que nous allons retrouver plus tard dans le parc de Aigüestortes. Le rocher brun-rouge, la neige, la mer de nuages créent des paysages de montagne hors du commun. À partir du port de Sotlo, une longue descente dans la caillasse nous emmène à l’Estany d’Estats. Par contre, le col de Barbote, pourtant pas trop pentu aura raison de mes forces. Nous montons le bivouac au premier Estany de Barbote, beau lac tranquille, avec des sources au-dessus.
Étape 17: de l’Estany de Barbote à Certascan (+1100m, -1200m, 16km)
Refugi de Certascan, bivouac au-dessus du refuge

Au bout d’un moment je pars en solo, car je n’ai plus beaucoup d’eau et il me tarde d’arriver. Le chemin est complexe, mais il suffit d’être vigilant et de suivre le balisage à la lettre. J’arrive au refuge de Certascan et comme il est dans les 14h, je prends une bière et commande deux repas. Philippe va arriver dans 15/20 minutes et il n’aura plus qu’à se mettre les pieds sous la table. Le temps passe et passe encore et pas de Philippe. 30 minutes… je me pose des questions. Comme j’ai commandé, je décide de manger seul. Le repas terminé, je m’excuse auprès du gardien, lui dit qu’il y a peut-être un problème et que je reviendrai si j’ai besoin des secours en montagne.

Étape 18: de Certascan à Estany Major de la Gallina (+1300m, -1100m, 15km)
Coll de Certascan, Estany Blau de Guerosso, Pleta Vella, Noarre, Estany de Llavera, Refugi Enric Pujol, bivouac à l’Estany Major de la Gallina


La pente s’atténue et nous traversons des prairies jusqu’au beau village restauré de Noarre. Le sentier se poursuit, puis monte modérément jusqu’à une belle cabane, puis rejoint l’Estany de Llavera par un ressaut assez raide. Nous suivons le déversoir de l’Estany Inferior de la Gallina et arrivons au Refugi Enric Pujol, gros abri métallique arrimé au sommet d’un piton. Pour s’avancer sur l’étape de demain, nous décidons de bivouaquer à l’Estany Major de la Gallina à 1h40 de Enric Pujol.

Étape 19: de l’Estany Major de la Gallina à Alos d’Isil, puis Esterri d’Aneu (+300m, -1500m, 8km)
Coll de Calberante, Coll Curios, Estanyets de la Tartera, Coll de la Cornella, Alos d’Isil, Esterri d’Aneu


De l’autre côté c’est un pierrier merdique, mais il n’y a pas de problème d’itinéraire, car il y a des cairns. Passé le pierrier, nous faisons une pause casse-croûte et nous terminons tous les restes, c’est à dire pas grand-chose, mais cela donne du baume au cœur pour le reste de la descente. Nous arrivons sur la route à 3 km d’Alos d’Isil et tentons le stop sur une route désespérément déserte. Un randonneur au lourd sac sort aussi du chemin quelques minutes plus tard. « Bon dia, hola » et nous le laissons filer sur la route, car c’est un éventuel concurrent pour le stop.
Dix minutes passent et toujours aucune voiture. Nous décidons donc de descendre à pied et tout à coup un véhicule. Grands signes, il s’arrête et super il descend jusqu’à Esterri d’Aneu notre village pour le ravitaillement. C’est un catalan qui pratique le trail en montagne, et s’entraîne pour une compétition qui aura lieu dans 2 semaines. Il ramasse également le randonneur qui est passé devant nous.
A l’arrivée à Esterri d’Aneu, c’est un peu le branle-bas de combat. On est dimanche et l’épicerie ferme à 14h. On a du mal à trouver nos produits habituels. Les pâtes ressemblent à de la nouille à chien, pas de muesli, ni de Wasa, mais bon on fait avec… On trouve également un petit hôtel familial, où nous sommes très bien accueillis. Une bonne douche et, avantage de l’Espagne, nous pouvons déjeuner alors qu’il est 15h30. L’après-midi, petite lessive et repos en attendant que la chaleur retombe, pour que l’on puisse se promener en ville. Il est maintenant 21 heures, et nous sommes les premiers à dîner! De nouveau recharge calorique! La nuit sera très chaude, conjonction de la canicule qui débute et de la bouteille de rosé pour fêter notre avancement sur la HRP!
