Le Pays Basque, un damier de couleur
Étape 40: du Pla Sanchèse à l’abri d’Ardané (+1600m, -1400m, 27km)
Sources de Marmitou, col d’Anaye, vallée d’Anaye, refuge de Belagua, port de Belhay, abri d’Ardané
Grosse journée pour rejoindre les sources de Marmitou, le Vallon d’Anaye et ensuite l’abri d’Ardané. Nous partons vers 7h, le jour a du mal à se lever et en plus, il y a du brouillard accompagné d’une pluie fine. Bienvenue au Pays Basque! Nous mettons l’équipement de pluie et c’est parti par une montée régulière en sous-bois. Quelques coups de tonnerre ponctuent notre montée. A la sortie du bois, l’itinéraire n’est pas évident surtout que le brouillard s’est épaissi. Nous atteignons un collet, la pluie redouble et les rafales de vent l’accompagnent.


Voilà l’ancien refuge de Belagua. Nous retrouvons la route que nous suivons quelque peu avant de reprendre le GR de l’autre côté dans la bruyère en pleine fleur, c’est charmant. Par contre, nous sommes vite rattrapés par le brouillard et heureusement que nous sommes sur GR ce qui nous évite de nous égarer. Il nous faut encore monter 300m jusqu’au port de Belhay. La fatigue se fait sérieusement ressentir. Par moment, nous découvro
Merci le GPS, car l’arrivée à l’abri d’Ardané n’est pas simple. Nous apercevons une maison. Nous pensons être arrivés, mais des chiens aboient et une personne sort et nous dit que nous sommes au cayolard (cabane de berger) d’Ardané. L’abri est 200m plus bas le long du ruisseau. On descend le ruisseau, rien et tout à coup une bâtisse émerge du brouillard de l’autre côté de la rivière. Il est 18h, on y est! C’est un bel abri avec une dizaine de couchages, une table avec banc, une cheminée, mais pas de bois, quel dommage! Elle est la bienvenue, car vu le temps, nous n’avons pas la moindre envie de monter le bivouac. Nous sommes seuls jusqu’à ce qu’un couple de toulousain, déjà croisé à Arlet arrive. Ils se sont aussi perdus à l’arrivée. C’est eux qui étaient devant nous à Marmitou. Une bonne assiette de pâtes, un bout de fromage, une bonne nuit là dessus et nous serons d’attaque demain.
Étape 41: de l’abri d’Ardané à Port de Larrau(+400m, -350m, 13km) puis aux Chalets d’Iraty
Port de Larrau, Larrau en stop, Chalets d’Iraty en taxi
Au départ à 8h, il pleut toujours. Aujourd’hui, nous avons en principe 6h45 de marche, 1060m de montée et 1050 de descente. Vu les conditions météo, nous décidons de prendre la piste jusqu’au col de Larrau et nous aviserons. Le topo indique que par beau temps, il y a des vues splendides sur les paysages «mosaïque» du Pays basque. C’est raté! En arrivant au col après plus de deux heures sous la pluie, nous sommes transis. Le vent se monte, on ne voit pas à 10m, c’est l’apocalypse.
Philippe arrête une camionnette, ce sont des Espagnols, ils nous font comprendre que l‘on ne peut pas passer comme prévu par le Pic d’Orhy, c’est trop dangereux. Ils répètent « Peligroso, peligroso». Même sans parler l’espagnol, nous comprenons qu’il vaut mieux renoncer. Philippe interpelle un autre véhicule, c’est un berger qui est à la recherche de ses brebis, il nous conseille de descendre par la route à Larrau. Nous repartons donc en sens inverse sans savoir si c’est loin. Plus bas une borne indique Larrau 8km. Nous faisons du stop et un berger avec son chien nous prend dans sa camionnette.
Il nous dépose à Larrau devant le seul restau du village. Pas de bol, il ferme à 12h30, mais ils acceptent de nous servir ce qu’ils ont en petit-déjeuner: fromage blanc, salade de fruits, brioche, cake, le tout en grande quantité accompagné d’une boisson chaude et même de 2 pour Patrick et Philippe. On se jette dessus sans demander notre reste. Le restaurateur nous demande si c’est assez. Oui, il ne faut pas abuser. Le tout pour 8€/personne, incroyable!
On appelle un taxi pour monter à Iraty, car même si le temps s’améliore un peu, ce n’est pas gagné. Le jeune couple de Toulouse est descendu aussi en stop à Larrau et remonte à pied à Iraty. Quand nous les dépassons en taxi, le chauffeur est d’accord pour les prendre et ils ne se font pas trop prier pour monter! Au col de Bagargui se trouve le complexe touristique des Chalets d’Iraty: deux gîtes, des chalets, une épicerie, une laverie et un restaurant. Nous avons réservé au Gîte d’Étape d’Iraty. C’est très bien et pas cher, 15€/pers. S’enchaînent douche, lessive, séchage des tentes (eh oui, le soleil est revenu), puis ravitaillement à l’épicerie plutôt bien achalandée. Ensuite restaurant avec une bonne côte de bœuf pour les hommes, tandis que je me régale avec une cuisse de canard. Quand on quitte le restaurant, c’est de nouveau le déluge…
Étape 42: des Chalets d’Iraty au Refuge d’Azpegi (+1200m, -1500m, 28 km)
Pic d’Occabé, col d’Oraaté, col d’Errozaté, col d’Orgambidé, bivouac au refuge d’Azpegi


Ensuite, nous quittons le GR, pour un sentier qui rejoint par une petite route le col d’Errozaté. Philippe arrête une camionnette, c’est un berger qui habite un peu plus haut, qui gentiment nous monte jusqu’au col. Quelle aubaine, car Philippe est vraiment KO. Le berger nous avertit qu’une descente raide nous attend pour atteindre le col d’Orgambidé, qui semble encore bien loin. La descente est en effet raide et très peu marquée dans les hautes herbes et la boue, un super cocktail de gamelles, car nous ne voyons pas où nous mettons les pieds! Après être bien descendus, il nous faut traverser une ravine et monter de l’autre côté sur la route qui mène au col d’Orgambidé.

Bivouaquer n’est pas camper, c’est bien connu! Nous cherchons un endroit à l’abri des regards et montons le bivouac. Peu de temps après, une camionnette s’arrête et un garde forestier espagnol s’approche de nous, en nous interpellant en espagnol, puis en anglais pour nous dire que l’on doit coucher dans le refuge. Après négociation, il accepte que nous dormions sous tente en nous demandant de laisser l’endroit propre. Philippe va se coucher direct tandis que nous cuisons nos pâtes sans gluten. En effet à l’épicerie d’Iraty, il n’y avait que ça et des spaghettis. Cela réagit très mal à la cuisson au réchaud, comme si nous cuisions des pâtes dans du lait et finalement il en ressort une bouillie infâme. Ce n’est pas bon et il faut se forcer pour les manger.
Étape 43: du Refuge d’Azpegi aux Aldudes (+1000m, -1600m, 29 km)
Col Lepoeder, col de Roncevaux, redoute du Lindus, col de Teilary, col de Mizpira, bivouac aux Aldudes



Je repère un panneau en face indiquant la ferme auberge d’Auzkia, qui fait aussi camping. Après appel, le repas est réservé pour 4. Il nous faut 20mn pour nous y rendre. La patronne nous accueille très chaleureusement.. Ce n’est pas un camping, mais un grand champ pour installer tentes et camping-cars. Nous choisissons le repas complet et nous avons droit à l’apéro local, l’assiette de salaison de la ferme, l’axoa le plat typique basque, le fromage de brebis accompagné de confiture de mirabelle maison et le gâteau basque. Un pur régal.
Étape 44: des Aldudes à Elizondo (+700m, -900m, 19 km)
Col de Berdaritz, col d’Eyharza, Pena Alba, Col de Bailei, Elizondo
Le ciel est très couvert au lever, nous avons tout juste le temps de démonter les tentes que la pluie s’invite. Nous commençons par un super p’tit déj avec jus de pommes de la ferme, chocolatine, pain grillé, beurre et confiture de la ferme d’Auzkia. Nous conseillons vivement cette adresse pour l’accueil, la qualité des produits et le prix (33€/personne pour le repas complet avec apéro et vin, petit déjeuner compris). La pluie s’est calmée et c’est le ventre bien plein que nous partons pour une petite journée de marche. 

Enchâssé dans un cadre idyllique, Elizondo est un bourg très animé, surtout le 15 août où la terrasse du café central regorge de monde. Nous entrons à l’Office du Tourisme et trouvons un hébergement pour le soir : c’est l’albergo de Leskaros située à 1,5km du centre-ville. 
Nous traversons la ville qui est en effet superbe, pour nous rendre à l’auberge. Dommage que le ciel soit un peu gris pour les photos. Nous arrivons à l’auberge qui est en fait une auberge de jeunesse. C’est d’une grande propreté, chambre et sanitaires. Par contre, le repas du soir nous laisse un peu sur notre faim: une assiette de soupe, une petite part de pizza et un yaourt. Philippe va quémander une autre part de pizza, mais elles sont comptées et il revient bredouille. Il ne faut tout de même pas se plaindre pour le prix que nous avons payé!
Étape 45: d’Elizondo au Col de Lizuniaga (+1200m, -1200m, 31 km)
Col d’Inaberri, col Eskisaroi, col de Urtsumiatza, col Lakaingo, col de Lizarrieta, bivouac col de Lizuniaga


Ensuite, nous ne prenons pas le chemin le plus direct pour atteindre col de Lizuniaga, puisque nous attaquons le sommet voisin. Il est plus de 19h quand nous arrivons, mais à l’heure espagnole, la sieste vient de se terminer. Nous montons le bivouac dans un grand champ, à côté du restaurant dans lequel nous irons manger vers 20h30. Comme chaque fois en Espagne, nous mangeons très bien et pour pas cher. Quant la note arrive, nous pensions qu’ils s’étaient volés et qu’ils avaient oublié les bières et sangrias, mais pas du tout!
Étape 46: du Col de Lizuniaga à Hendaye (+1200m, -1400m, 30 km)
Col de Gonmendia, la Rhune, col d’Ibardin, col des Poiriers, col d’Osin, Biriatou, Hendaye


Philippe est stressé par son départ et il est parti devant. On le retrouve aux ventas d’Ibardin, où il y a un monde fou en quête d’alcool, de cigarettes et autres articles détaxés. Ensuite, nous avons une bonne remontée sur le GR10 en plein cagnard, avec de belles vues sur l’envers de la Rhune. Nous pique-niquons au col d’Osin en profitant d’une belle vue sur l’océan, avec Hendaye d’un côté et Saint-Jean de Luz de l’autre.
Fabrice, Patrick et moi avons réservé au camping Dorrondeguy. Nous passons Biriatou, puis descendons sur Hendaye en croisant de nombreux randonneurs bien chargés qui rêvent certainement de rejoindre la Méditerranée. Il nous font envie, en effet, nous ressentons un petit pincement au coeur que cette aventure soit derrière nous… Le chemin du camping se

Ainsi se termine cette magnifique expérience d’une rando bivouac empruntant les sentiers montagnards de la HRP entre France et Espagne. Nous avons réalisé notre rêve et comme dit Philippe, même si nous ne sommes pas des héros, on peut quand même en être fiers! Cela a été également une belle expérience humaine. Par le hasard des rencontres sur les chemins, des randonneurs sont devenus des amis et nous espérons très sincèrement qu’il nous sera donné de nous revoir. Enfin en guise de conclusion et d’encouragements aux futurs candidats, je terminerai sur une note humoristique en citant Jérôme Bonneau « la HRP? Une ‘petite’ traversée sauvage et bio, très bénéfique pour votre développement durable… Bonne route! »
