Ibu, esthétique volcan strombolien
Sur les routes indonésiennes…
Moluques J7: Jailolo, Duono, observatoire du volcan Ibu




L’Ibu est un strato-volcan culminant à 1325 m au milieu d’une forêt assez dense. C’est un massif conique dont le sommet est tronqué par un complexe de cratères emboîtés. Un large couloir ouvre le côté nord depuis le bord du cratère jusqu’à la base de l’édifice. Le cône principal est complété de deux petits cônes. Le volcan Ibu présente une activité strombolienne qui a débuté il y a 20 ans, avec la formation d’épais panaches de cendres. Cette activité explosive, après s’être réduite entre 2001 et 2010, a repris de la vigueur et n’a cessé de s’accentuer depuis. Nous avons hâte de voir cela.
Une nuit mémorable sous les feux de l’Ibu
Moluques J8: montée au volcan Ibu, installation du camp et observation du volcan en soirée et nuit

Après une heure de faux plat, nous attaquons les hostilités. La pente devient plus raide et quelque peu glissante, des lianes nous barrent le chemin ainsi que des pièges à oiseaux, la vigilance est de mise. Roby nous montre les arbres à fruits peau de serpent (Salak), sorte de palmiers avec de gros piquants sur les feuilles.

On ne découvre le volcan Ibu qu’au dernier moment. La forêt s’arrête nette sur le bord de l’ancien cratère. Il nous aura fallu environ 6h pauses comprises pour arriver sur le contrefort du volcan Ibu. Nous sommes à environ 400m du dôme qui ne cesse de grandir par accumulation de roches volcaniques. Roby nous explique qu’il y a un an, lors de son dernier passage, le dôme était bien plus bas et que l’on voyait davantage.

Roby déblaie la plate-forme avec sa machette pour pouvoir monter les tentes. L’espace est très réduit, une bande de terre assez longue, mais étroite puisque le cratère de l’Ibu est à nos pieds. Les tentes sont à environ 80cm du vide, il ne faut pas faire un pas de travers… Quel spectacle ! L’Ibu envoie des panaches à un rythme plus lent que le Dukono, mais ils sont tout aussi impressionnants.


Des gerbes rouges fusent à différents endroits dans un vacarme assourdissant. On imagine l’enfer que cela doit être dans le cratère principal, car nous sommes assez loin et l’on ne voit que ce qui est projeté au-dessus du dôme de l’Ibu, et les scories de lave s’écoulant dans l’ancien cratère. Le spectacle, telle une pièce de théâtre en plusieurs actes se renouvelle sans cesse, avec des intensités lumineuses et sonores différentes. Certains passeront la nuit dehors sans en perdre une miette, tandis que d’autres se reposeront quelque peu. Roby nous dit que l’activité devrait être à son comble vers minuit, mais je doute que le volcan soit aussi prévisible…
L’Ibu sort le grand jeu
Moluques J9: observation matinale de l’Ibu, descente du volcan


C’est un beau final, qui nous laisse repus. Nous attaquons la descente qui va être longue et fatigante pour les genoux. Les marches de terre paraissent plus hautes que la veille et de plus il faut être prudent, car cela glisse un peu.
La forêt est magnifique. Quelques beaux spécimens de papillons, araignées, phasmes agrémentent notre descente. Comme à l’aller, on fait un arrêt noix de coco en direct du cocotier. La dernière partie en faux plat nous semble interminable. Nous arrivons vers 13h après avoir parcouru nos 11km et dévalé 1100m de dénivelé, heureux d’avoir eu de si bonnes conditions pour observer l’Ibu. La femme du policier nous a préparé un bon repas pour nous requinquer : poulet, légumes, riz, le tout accompagné d’une très bonne sauce à base de cacahuètes et de noix de muscade et pour finir, de l’ananas succulent. Avant de partir, elle offre des noix de muscade à chacun de nous, quelle gentillesse !
Nous repartons en direction de Jailolo et nous nous installons à d’Hoek hôtel. Ce dernier paraît bien extérieurement, mais encore une fois le ménage laisse à désirer et les draps sont sales !

