Voyage en Birmanie: Mandalay, au fil de l’Irrawaddy
Mandalay, ancienne capitale royale baignée par l’Irrawaddy
l’Irrawaddy, Mingun, la pagode inachevée Pathodawgyi, la pagode Hsinbyushin
La nuit fut bonne, mais un peu écourtée vers 4h du matin par une prière et de la musique. Ce sont les cérémonies du Noviciat: en effet il y a un monastère au pied de l’hôtel. La cérémonie d’admission au noviciat, le shin pyu, est de loin le plus important rituel birman. Cette cérémonie transforme le garçon en novice au sein de la tradition monastique. L’enfant est vêtu d’habits princiers, puis il est rasé. Le noviciat est généralement requis avant qu’un individu puisse devenir moine. Le novice se doit de respecter dix préceptes, alors que le moine doit en suivre rigoureusement 227. Nous partons à pied pour rejoindre l’embarcadère pour une croisière d’une bonne heure sur le fleuve Irrawaddy. Long de plus de 2000kms, c’est le principal cours d’eau de la Birmanie, artère vitale des échanges birmans. De nombreux locaux vivent dans des petites cabanes faites de bambou au bord de la rivière, ce sont principalement des porteurs de teck.
Les bateliers de l’Irrawady habitent près de l’embarcadère, et font partie des classes les plus pauvres. A 8h du matin, c’est déjà très animé: l’embarcadère sert de marché aux poissons, de laverie et de salle de bain. Nous montons à bord d’un bateau équipé d’une cuisine et salle à manger en bas et transats sur le pont. Il fait déjà très chaud. Nous croisons de nombreux trains flottants de teck et de bambou sur lesquels les gens vivent puisqu’ils partent souvent pour une semaine. Vers 9h30, nous accostons à Mingun, accueillis par de nombreux vendeurs en herbe: «comment tu t’appelles, c’est pas cher, c’est moi qui l’ai fait,…» et des taxis «biouffles» (May parle un très bon français, mais a du mal avec les «u» qui deviennent des «iou»). C’est en fait une charrette tirée par 2 buffles.
Nous arrivons au pied de la pagode inachevée, Pathodawgyi. Bien qu’inachevée, elle se voit de loin. C’est le plus grand tas de briques du monde, le site en comporte plus de 8 millions. La pagode inachevée mesure 50 m de haut aujourd’hui, ce qui est le tiers de la hauteur initialement prévue. Avec 150 m de haut, elle aurait été la plus haute pagode du monde. Sa construction, entreprise par le roi Bodawpaya au début du 19° siècle, fut interrompue par la mort de celui-ci en 1819. Aucun de ses 122 enfants et 208 petits enfants ne souhaita relancer le chantier. De plus, le tremblement de terre de 1838 fissura le monument. Après s’être déchaussé, on grimpe les 150 marches sous un soleil de plomb, jusqu’au sommet de la pagode inachevée. La vue sur le village, les différentes pagodes, ainsi que le fleuve est superbe. Nous allons ensuite voir la célèbre cloche en bronze de Mingun. Elle mesure 3,70m de haut, 5m de diamètre et pèse 90 tonnes. Cette dernière était destinée à la gigantesque pagode du roi. 
La pagode Mahamuni, le monastère Shwenandaw, la pagode Kuthodaw, la colline de Mandalay
Nous prenons le repas à bord afin de ne pas perdre trop de temps: le programme de la journée est chargé! Après la soupe habituelle, de nombreux plats de viande et de légumes se succèdent, tous aussi bons les uns que les autres. Vers 12h30, nous débarquons à Mandalay où le bus nous attend pour une visite de la ville.



De Sagaing à Monywa… des noms qui sonnent comme des mantras…
Amarapura, Sagaing, temple de Thamboday, grottes de Powing Taung, Monywa

Il nous faudra environ 3h pour parcourir 160 Kms, eh oui, cela vous donne une idée de l’état des routes. Au bord de cette route, de nombreux vendeurs d’essence au marché noir, des attelages de «zébious» transportant des feuilles de palmiers qui servent à la construction des maisons. De nombreux ouvriers, hommes et femmes cassent des cailloux pour la réfection de la route… une animation permanente. La région est très sèche; nous longeons des plantations d’arbres à thanaka. Le thanaka est traditionnellement vendu en petits rondins, en fagots ou encore sous forme de pâte ou de poudre. La crème de thanaka est appliquée sur le visage en motifs simples, le plus courant étant un disque sur chaque joue, parfois des bandes ou la forme d’une feuille, le nez étant souvent souligné en même temps. Outre sa fonction cosmétique, le thanaka procure une sensation rafraîchissante, protège de la brûlure du soleil. Son parfum rappelle un peu celui du bois de santal.




