Eldgja, la plus grande fracture éruptive au monde.
Départ du Landmannalaugar sous la pluie…
Départ du Landmannalaugar en bus pour le refuge Saeluhüs, début du trek
Il a plu toute la nuit et cela continue…mouillée pour mouillée, pourquoi ne pas plonger dans la source d’eau chaude? On sort du camp, un peu dur de faire le chemin sous la pluie, mais aucun regret une fois dans l’eau chaude. Ensuite, vient le temps du rangement et du démontage du campement. Notre chauffeur Eynar va conduire le 4×4 et transporter le matériel jusqu’à la fin du trek et nous nous retrouverons tous les soirs. Il arrive vers 12h accompagné de son chien Karpur. Quant à nous, nous partons en minibus rejoindre le début du trek, soit environ 3h de piste. 
Au bout de 2h le chauffeur de bus nous dépose et il nous reste une bonne heure de marche dans ce désert de cendre noire. Rapidement il nous faut traverser un premier gué. Rien de méchant, mais il vaut mieux se déchausser si l’on ne veut pas avoir les chaussures mouillées le lendemain matin. 
Le mauvais temps islandais se met en place, la tempête approche…
Randonnée vers le Sveinstindur et le lac Langisjor
Après une nuit un peu arrosée, il fait plus que gris. Quelques rayons très timides font de brèves apparitions. Stéphane décide de partir par les lacs et si cela se dégage, nous monterons au Sveinstindur. Mais ce n’est pas gagné. Très vite, le sommet se couvre, et bientôt c’est rideau. 
Eynar revient en disant que la tempête est annoncée pour la nuit. Il repart se renseigner s’il y a de la place au refuge. Le refuge est libre ce soir. Nous démontons donc la tente Mess et nos tentes et rapatrions nos affaires à l’intérieur. Seul Stéphane qui teste une tente d’expédition pour MSR va coucher à l’extérieur. Il veut voir comment elle se comporte au vent et à la pluie. Ceux-ci redoublent de force, et nous sommes bien contents d’être au sec. Stéphane nous fait encore saliver: il a prévu pour le repas des écrevisses au vin. Dans la soirée, nous accueillons deux jeunes Allemandes trempées jusqu’aux os. Un peu plus tard, un Américain et un Anglais débarquent complètement paniqués. Ils viennent de se faire arracher leur tente au lac Langisjor. Nous invitons tous ces rescapés à prendre le repas avec nous. Les Allemandes déclinent l’offre, mais les jeunes Américain et Anglais acceptent avec grand plaisir. C’est encore un véritable régal qui nous fait presque oublier le temps exécrable. Nous rentrons sous les couettes, bercés par le bruit du vent et de la pluie, en ayant une pensée pour Stéphane sous sa tente!
C’est parti pour un trek incroyable dans le sud de l’Islande…
refuge Saeluhüs, traversées de gué sur la rivière Skafta, refuge Skalingar




Eldgja, la gorge de feu
Skalingar, faille Eldgja, cascade Ofaerufoss, Aftavotn



Le ciel se charge petit à petit. Nos amis anglais et américain continuent leur route, remerciant chaleureusement Stéphane et le groupe de les avoir aidés. Mais en Islande, la solidarité prime face à une nature qui peut se montrer impitoyable… Nous poursuivons le long du cours d’eau. Malheureusement, la pluie nous rattrape au niveau d’un sommet au nom imprononçable de Moraudavatnshnukar. On s’équipe pour la pluie, on repart d’un bon pas. Nous devons traverser la rivière qui est beaucoup plus grosse que d’habitude et il faut se résoudre à retirer les chaussures. La 1ère partie n’est pas difficile, car il y a très peu de courant. Malheureusement, Monique glisse et tombe sur le poignet. Elle se relève, mais a très mal. Nous continuons jusqu’au pont de lave qui est recouvert d’une eau tumultueuse. Stéphane n’avait encore jamais vu l’eau submerger le pont de lave. C’est donc par deux, en se tenant bien, que l’on traverse cette furie. Plus qu’1/4h pour le refuge Aftavotn. Juste avant le refuge, nous croisons deux 4×4. Stéphane interpelle le 1er, ce sont des Français. En effet, il craint que Monique se soit fracturé le poignet et préfère qu’elle soit examinée au poste de secours. Après le thé pour se réchauffer, c’est la préparation des spaghettis bolognaise. C’est toujours le déluge quand on va se coucher vers 21h30. À suivre…
