Madagascar, RN7 la route du sud
Ce dimanche du mois de juillet, il pleut sur Paris. Bien que ce soit l’hiver à Madagascar, il devrait faire beau là bas puisque nous sommes en saison sèche. Nous retrouvons Christine de Paris et Olivier de Nantes à Roissy. Sylvain et Béthina, des Suisses, nous attendent à Tananarive. Nous faisons ce voyage avec l’agence Tirawa, bien connue des trekkers.
Incroyables artisans!
Sur la RN7: Tananarive, Ambatolampy, Antsirabe, Ambositra


La route serpente au gré des collines parsemées de minuscules hameaux tandis que villes et villages se succèdent le long de la RN7. De nombreux enfants et femmes proposent des beignets, des galettes de manioc ou encore des assiettes débordant de riz avec des brèdes (légumes) et un petit morceau de poulet devant des gargotes appelées «hotely»:
Nous faisons une pause à Ambatolampy, ville célèbre pour sa fabrication artisanale de cocottes en aluminium, modèle que l’on retrouve dans tous les foyers malgaches. Ils récupèrent toutes sortes de pièces d’aluminium (culasse de moteur, tringles, etc…) qu’ils fondent dans des moules. Ils travaillent sans aucune protection, pieds et mains nus, respirant des vapeurs d’alu toute la journée, syndicats et sécurité du travail n’existent pas à Mada…
Nous poursuivons notre route jusqu’à Antsirabé où nous allons déjeuner: au menu, un excellent steak de zébu. À l’entrée du restaurant, nous sommes happés par de nombreuses «vendeuses» de colliers en grain de maïs peints. Chantal, une gamine m’interpelle: «C’est moi la première vendeuse». À la sortie, je n’y coupe pas, j’ai un lot de 8 colliers de couleurs différentes, le tout pour 5000Ar soit environ 1,6€.

Tous les artisans rencontrés nous expliquent les procédés de fabrication, comment ils ont progressé dans leur technique. Tout est artisanal, y compris les outils qui servent à la fabrication et la plupart des matériels utilisés sont de la récupération. Les Malgaches ont très peu de moyens, mais beaucoup d’ingéniosité. Il est difficile de repartir sans rien acheter, une fois que l’on a vu la fabrication, d’autant plus que c’est joli, très peu cher et que ça leur permet de vivre. Et maintenant, c’est parti jusqu’à Ambositra que nous atteignons vers 18h30 après de nombreux contrôles de la police, des gendarmes et des militaires tout le long de la RN7. Lors de cette première journée, nous avons rencontré une population très accueillante parlant bien le français, appréciant les Français, nous souhaitant souvent une bonne fête, puisque nous sommes le 14 juillet!
Encore de l’artisanat… heureusement, il y a de la place dans la voiture!
Les tisseuses de soie sauvage, les tourneurs sur bois, les ateliers de marqueterie




Nous arrivons au village de Soatanana vers 12h où les femmes de l’association des tisserandes nous ont préparé un repas traditionnel. Dans ce village vivent une centaine de familles et chaque famille possède un petit hameau. De nombreux enfants nous accueillent en criant «Salam, Salame,…». Ils viennent de terminer l’année scolaire, tout du moins les primaires. Après le repas, nous assistons aux différentes étapes de la transformation des cocons en fil de soie, à la réalisation des écharpes, le tout de façon traditionnelle: nettoyage des cocons, cuisson, teinture, la bourre, le filage, puis le tissage.



Ensuite, nous nous arrêtons chez une famille de tourneur sur bois. Ils travaillent différents bois: palissandre, bois de rose… Après la démonstration, ce sont les achats auprès de jeunes filles qui vantent leurs articles: bols, baobabs, statuettes, petits animaux… on craque tous. On termine la journée par un atelier de marqueterie dans Ambositra. Partant de petites planches de différentes couleurs, l’artisan prépare des dessins, fait les découpes et incruste les différentes formes. Quel beau travail, le tout dans un atelier minuscule et très peu éclairé…
Mais le plus étonnant consiste en la fabrication des outils, à commencer par les lames des scies qui lui servent à faire les découpes. Il utilise les tiges métalliques des carcasses de pneu qu’il aplatit au marteau, puis place la lame ainsi produite dans un gabarit et fait les dents grâce à un pointeau, le tout en quelques minutes, chapeau! Nous allons ensuite dans la petite boutique… et là encore, nous ne repartons pas les mains vides. Que d’achats en 2 jours! Nous retournons sous la pluie à l’hôtel Manya d’Ambositra. Au repas ce soir, une soupe, du canard au miel avec gratin de pommes de terre et riz puis deux grosses tranches d’ananas. Il va être temps de démarrer le trek pour éliminer tout ce que l’on mange!
