Le festival Tiji, la cérémonie vénérée du royaume de Lo
Au rythme des danses masquées et des instruments traditionnels

En arrivant, nous devons nous acquitter d’une licence pour photographier l’évènement. Ensuite, nous nous faufilons dans la foule déjà massée en cercle dans la cour du palais royal de Lo Manthang, où se déroule le festival Tiji. Peu de temps après, les moines entrent dans le cercle et c’est parti pour environ 3h de spectacle rituel.
Festival Tiji 1er jour, le harcèlement du démon
Ces danses sont menées par un moine, le danseur principal appelé « Tsowo » qui s’est retiré pour méditer pendant trois mois avant le festival. Il est accompagné d’une dizaine de danseurs vêtus de costumes du 17ème siècle, rapiécés par endroit, et portant un chapeau couronné de plumes de paon. Ils se déplacent dans de lents mouvements, au rythme des sons graves de deux trompes et des vibrations des tambours.
Les moines exécutent une danse appelée « Tso Chham » dans laquelle ils ont reconstitué le harcèlement du démon. Ils tiennent en main gauche un petit masque représentant le démon, et dissimulé dans la main droite, un petit poignard ainsi qu’un foulard tressé, rouge, bleu, blanc. Cette danse fait partie d’une pratique méditative qui confère les bienfaits de l’enseignement de Bouddha.
Le festival Tiji est pour tout dire envoûtant. Le moine « Tsowo » a un regard pénétrant qui embarque le public dans cette méditation en mouvement.
Festival Tiji 2ème jour, la naissance de « Sonam Dorje »

Ces masques sont des manifestations terrifiantes, évoquant les divinités protectrices des familles royales. Ces divinités tentent de protéger l’âme de « Sonam Dorje » lors de son voyage à travers le « bardo », la transition entre la mort et la naissance.
La danse des squelettes frissonnants représente les divinités venues accueillir l’âme de la mort. Quant aux divinités masquées en animaux, elles accompagnent l’être venu à la vie.
Ces mêmes animaux se retrouvent sur les fresques des temples bouddhistes tibétains : oiseaux, tigre, chevaux, cochons… Le moine au masque de chien, le « Tsowo » s’assied au milieu de la place devant une boîte qui contient le démon.
Aujourd’hui, les danseurs arborent des costumes récents, très colorés. Ensuite, de jeunes moines portant des tambourins, sans masque cette fois, effectuent une danse plus acrobatique. Même si l’on ne comprend pas tout le rituel, ces chorégraphies, ces masques et la musique nous transportent dans un autre monde, bien différent du nôtre! Des membres de la famille royale ainsi que des élus des 7 provinces du Mustang assistent au festival Tiji. Ils arborent une chapka traditionnelle en fourrure alors qu’ils s’assoient en plein soleil…
Même s’il y a beaucoup de monde, dont de nombreux touristes, le festival Tiji n’en reste pas moins très authentique et à voir absolument.




