HRP 2019, un grand cru pyrénéen!
C‘est un rêve de gosse, un truc traînant dans ma tête, faire la traversée des Pyrénées en rando bivouac. À 18 ans déjà, je partais avec Fred, un voisin avec qui j’ai passé une bonne partie de mon adolescence, faire quelques étapes du GR10. L’équipement n’était pas au top: canadienne et ses piquets en ferraille, sacs à dos récupérés dans le garage, et bien sûr l’indispensable lecteur de cassettes et ses piles de rechange pour nous assurer des soirées « musique sous les étoiles ». Autant vous dire, on n’a jamais atteint Saint Jean Pied de Port!

Pour construire notre parcours HRP, nous avons utilisé le guide de Jérôme Bonneau, dont le titre Trans’ Pyr ne manque pas d’humour. C’est 
À partir du topo, nous déterminons nos itinéraires en fonction de la description qui en est faite. Jérôme nous met l’eau à la bouche et il est parfois difficile de choisir, car pour nous c’est une première dans les Pyrénées et tout est à découvrir. Nous traçons ensuite les itinéraires sous Google Earth et rentrons les fichiers .gpx sur notre Garmin. Comme nous sommes en bivouac, cela nous laisse la latitude de raccourcir les étapes trop longues et à l’inverse de rallonger les étapes de 5h ou moins. 
Nous nous en sommes peu écartés, puisque nous avons réalisé notre parcours en 46 étapes et une journée supplémentaire à Bolquère pour nous reposer et soigner les bobos. Il faut dire que les conditions météo en Juillet et Août 2019 sur les Pyrénées étaient exceptionnellement bonnes. Nous avons eu en tout et pour tout, un après-midi de pluie avant Bolquère, un autre après le col inférieur de Litérole, une matinée de pluie aux sources de Marmitou et une autre en quittant l’abri d’Ardané. Les névés étaient bien fondus et je n’ai pas sorti les crampons du sac.
Quelques conseils pour la traversée des Pyrénées
C‘est un peu nouveau pour moi: je connais la rando bivouac en montagne, mais partir sur une traversée de 45 jours, c’est un peu un challenge. La différence, je pense, est dans la capacité de l’organisme à s’adapter à un nouveau mode de vie, et le point à ne pas négliger est l’alimentation. Sur ce dernier point, nous avons tout de suite convenu de profiter des refuges présents sur la HRP pour prendre le repas du soir, chaque fois que possible, c’est à dire plus d’un jour sur deux par rapport à notre feuille de route de la HRP. En plus, cela fait moins de portage. Par contre, toujours en bivouac, car croyez-moi, on ne dort jamais aussi bien que dans sa tente après une longue journée de randonnée!
Pour les repas de bivouac, ce qui nous convenait le mieux était une grosse ration de pâtes à la sauce tomate et une conserve de thon ou maquereau. Pas compliqué! Pour le p’tit dej’, muesli ou flocon d’avoine et lait Nestlé, c’est parfait et on trouve ces produits partout.
Autre point à ne pas prendre à la légère: les chaussures. C’est fondamental de prendre une marque et un modèle que l’on a déjà testé. Achetez une paire neuve, car après les 800 km et 48 000m de dénivelée de la HRP, elles seront rectifiées!!! Pour ma part, j’ai pris les Asolo Greenwood GV, que j’adore, une chaussure très confortable, un bon déroulé du pied, un grip remarquable en rocher, éboulis. J’ai remplacé la semelle de propreté, par une semelle orthopédique que j’utilise pour la course à pied. Nickel!

Alors, comment faire??? Eh bien c’est facile à dire, mais il ne faut emmener que l’essentiel, et du matériel technique léger prévu pour la randonnée itinérante… Au niveau budget ce n’est pas donné, mais c’est du matériel que l’on acquiert au fil des années et qui dure dans le temps. Au total mon sac à dos pour une HRP en rando bivouac pesait un peu plus de 9kg, sans nourriture ni eau. Voilà le contenu de mon sac à dos pour vous aider. Qu’est ce qu’il manquait: rien! Qu’est ce qu’il y avait en trop: la liseuse! Je suis un gros lecteur et j’hésite à m’en séparer, mais les soirées sont courtes, je tiens un petit compte-rendu de la journée et la fatigue arrive souvent avant que j’aie terminé!

Je n’abandonnerais pas non plus les crampons, sur un parcours de montagne comme la HRP, même s’ils ne m’ont pas servi cette fois. En 2018, j’ai appris qu’ils étaient fortement recommandés sur certains passages que nous avons empruntés. En discutant avec les trois amis rencontrés sur la HRP, Jean et Fabrice m’ont raconté que faute d’équipement, ils étaient déjà partis en glissade sur des névés, qu’ils s’étaient fait très peur et avaient eu beaucoup de chance. Deux personnes sur trois, cela fait beaucoup et évidemment, ceux qui n’ont pas eu cette chance ne sont pas sur les sentiers pour le raconter… Depuis ils emportent au moins un piolet.
Bon, et la HRP, c’était comment ?!?
Eh bien, c’est sans aucun doute la rando-bivouac la meilleure et la plus belle que j’ai jamais faite. Les paysages d’une région à l’autre sont différents et c’est un plaisir sans cesse renouvelé. En effet impossible de comparer la rondeur et le vert des collines du Pays basque à l’âpreté et l’austérité des aiguilles d’Ansabère. En amoureux de la haute-montagne, je décernerai une mention spéciale pour l’Ariège, le parc d’Aigüestortes, le Luchonais. Il faut souligner la beauté des Pyrénées espagnoles, souvent inconnus des Français, avec ses myriades de lacs et ses fantastiques paysages sauvages. Sur ce parcours de la HRP, rien n’est à jeter, il n’y a que du bon et du très bon!

Le mieux c’est de vous faire votre propre idée en lisant les pages de ce blog et en visionnant les photos. J’espère que vous y prendrez autant de plaisir à le lire que j’ai eu à l’écrire! Cela a été pour moi une catharsis!
Des questions, des commentaires sur notre HRP ? N’hésitez pas, ce sera un plaisir d’en discuter!

6 commentaires
bonjour,
nous projetons de faire la première moitié du hrp à l’été 2020 dans des conditions qui ressemblent à celle que vous avez choisies. A tout hasard, avez-vous une liste du matériel emporté?
Merci d’avance
Lise
Bonjour Lise,
Dans cet article (page d’introduction), il y a le lien « contenu du sac à dos » qui pointe sur la liste du matériel
salut Patrick, beau trek !!
je pars cette semaine pour une traversée des alpes majoritairement sur le GR5. Je vais peser mon sac demain…..
A+
Didier
Bonjour Didier,
Content de te retrouver sur ce blog 🙂 Je devais également faire cette année la traversée des Alpes Françaises (la Trans’Alpes en suivant le topo de Jérome Bonneaux), mais je reporte cela à l’année prochaine, car je crains (peut-être à tort) des problèmes pour le ravitaillement dans les villages et dans les refuges, notamment en Italie. À la place, nous allons faire un beau bivouac sur 15 jours entre Queyras, Viso, Val Maira, Haute Ubaye…
Bon GR5 🙂
Bonjour, Merci pour ces indications, c’est une mine d’informations très utile! on suit un parcours similaire (par petits bouts chaque été), on va dépasser l’Andorre cet été et traverser les Encantats, est-ce qu’il est possible d’y bivouaquer près des refuges ou bien il faut obligatoirement prendre un lit au refuge?
Bonjour Sara,
Il est malheureusement interdit de bivouaquer dans le parc des Encantats et l’amende est vraiment dissuasive ! Par contre les refuges sont cosy, on y mange bien et les gérants sont sympas. Cela ne doit pas vous arrêter, car les Encantats sont de toute beauté.
Je vous souhaite un bonne semaine de trek sur la HRP.