Le Parco Alpi Marittime, l’autre facette du Mercantour
Retour à Frémamorte
Col de Frémamorte, lacs de Frémamorte, coletto del Valasco, refuge Emilio Questa, Lago delle Portette, Passo delle Portette, lac de Tavels ( +1000m, -1000m, 19,6km )
Ce matin, pas de café… il faut se restreindre en gaz jusqu’à Isola 2000 où nous ferons un nouveau ravitaillement! Nous reprenons un moment notre trajet de la veille puis redescendons en direction du col de Salèse.
Nous prenons presque aussitôt la montée à gauche vers le col de Frémamorte indiqué à 1h. C’est une montée très agréable où nous découvrons des lacs de Frémamorte au fur et à mesure que nous prenons de la hauteur. Sous le col, plusieurs chamois traversent non loin de nous. Nous croisons un groupe de jeunes qui a dormi au bivacco Guiglia, enfin qui a essayé de dormir, car les bouquetins ont la fâcheuse habitude de cogner leurs cornes sur la porte métallique du refuge pour rentrer!!! Du col il y a une magnifique vue sur les différents lacs de Frémamorte.

Elle est excellente et, d’après l’Italien assis à côté de nous, qui tchatche en continu et boit comme un trou, c’est la meilleure qu’il n’ait jamais mangée, et du coup il en prend une deuxième. Pourtant, elles sont vraiment copieuses !


Une journée de transition et ravitaillement
Lac de Tavels, Isola 2000, San’t Anna di Vinadio ( +840m, -1000m, 22km )
Nous galèrons un peu pour trouver le départ, car il y a des cairns un peu partout. Heureusement, la trace GPS nous ramène dans la bonne direction. Nous jouons à « saute blocs » dans une traversée descendante, avant de remonter au-dessus d’un blockhaus. Nous retrouvons un bon sentier jusqu’au col Mercière à 2338m qui domine la station d’Isola 2000. Au lieu de descendre les pistes comme avait prévu Patrick, nous prenons le sentier qui va en direction des lacs de Terre rouge. Après une traversée et une remontée, nous rejoignons le GR allant à Isola 2000, que nous avions emprunté dans l’autre sens, il y a une dizaine de jours. Il est 10h lorsque nous atteignons le bas d’Isola 2000 et nous nous octroyons une bonne pause p’tit déj avec un vrai jus d’oranges pressées, croissant et pain au chocolat. Quel plaisir après les p’tits déj au café instantané et muesli au lait concentré sucré!
Ensuite, nous retrouvons nos petites habitudes, direction la supérette Utile afin de se ravitailler pour les 3 jours restants dans le Parco Alpi Marittime. Nous repartons en fin de matinée avec de nouveau les sacs lestés et mangeons vers le haut de la station. Ensuite, direction col de la Lombarde, mais aucun panneau ne l’indique. Après avoir raté un cairn, nous retrouvons le GR pour une traversée légèrement montante, puis la route sous le col. Il ne reste plus qu’à prendre le chemin désormais bien connu pour rejoindre San’t Anna di Vinadio.
Il y a de grosses bourrasques qui nous dessèchent la gorge et nous sommes bien contents de récupérer une chambre au Rifugio San Gioachino. Eh oui, nous nous prélassons dans le luxe (enfin le luxe de randonneur!) et comme cela fait du bien de se retrouver dans une vraie chambre avec une bonne douche, après des nuits de bivouac que l’on ne compte plus. Pendant le repas, l’intendant passe à chaque table pour échanger et nous glisse dans l’oreille qu’il y a l’office de l’adoration au sanctuaire vers 21h15. Pour nous, ce sera plutôt l’office de la nuit des petits lits blancs!
Un bon bain dans des sources naturelles d’eau chaude, cela vous dit?
San’t Anna di Vinadio, Bagni di Vinadio ( +370m, -1100m, 10km )

La descente est super cool, d’abord dans de grandes prairies puis, en approchant du village, dans la fraîcheur d’une forêt de sapins. Cela fait du bien. Nous apercevons les thermes dans la vallée, mais d’après les infos sur internet et celles du gardien du refuge de Rabuons, ces thermes sont en restauration depuis quelques années, mais les bassins naturels d’eau chaude restent accessibles.
Le village, situé à 1300m d’altitude, est très joli et propret. Nous nous dirigeons vers le camping, mais après information il faut aller s’enregistrer auprès du propriétaire du bar Nasi, qui est aussi le gérant du camping. Les emplacements pour les tentes sont au bout du camping, sur une grande parcelle au calme où il n’y a qu’une seule tente. Nous nous installons, pique-niquons à l’ombre d’un sapin avant de faire une sieste. Vers 15h, nous nous dirigeons vers les piscines d’eau chaude naturelle.
Nous passons devant les thermes, qui effectivement ne sont pas près de rouvrir; les travaux semblent arrêtés depuis un moment. Il y a trois bassins. Nous testons le dernier, le moins chaud, mais il est déjà bien costaud! Cela sent le soufre. Il n’y a personne, ce qui nous surprend, mais cela ne va pas durer, et bientôt des familles accompagnées de ribambelles d’enfants se prélassent dans les bains. Après un bon moment de ramollissement des chairs, nous passons du côté torrent pour nous rafraîchir, puis revigorés nous remontons au camping prendre une bonne douche pour nous débarrasser de l’odeur de soufre.
La fin de l’après-midi est consacrée à la visite du village, ce qui est vite fait, puis farnienter devant une bière au bar Nasi. Nous discutons avec le patron pour y manger ce soir, mais, malheureusement, c’est complet, la pizzéria juste en dessous aussi. Nous allons finalement manger à la crêperie Strepeis (une crêperie italienne, nous sommes vraiment tombés bien bas!), mais contre toute attente, les crêpes sont plutôt bonnes. Il y a une grosse humidité sur la tente à notre retour.
Sur les sentiers sauvages du Parco Alpi Marittime…
Bagni di Vinadio, rifugio Migliorero, passo di Rostagno, rifugio Zanotti, lago Mongioie ( +1670m, -480m, 15,8km )
Le soleil apparaît vers 6h30 sur une tente bien humide. Il y a quelques petits nuages, d’après la météo, nous devrions avoir un peu de pluie, mais rien de bien méchant. Aujourd’hui, nous allons randonner dans une des parties les plus sauvages et les moins fréquentées du Parco Alpi Marittime. Nous montons sur une sente en face du camping qui nous mène directement sur la place du village où nous retrouvons le GR. Cela monte bien jusqu’au hameau de Besmorello où l’on essuie quelques gouttes de pluie, mais rien de menaçant. La route se transforme en piste, puis en sentier montant au Rifugio Migliorero situé à 2100m. Montée agréable avec quelques nuages et un peu de vent.

Nous redescendons en direction du Rifugio Zanotti à 2144m par un sentier très bien tracé. Nous longeons le rio del Piz un moment avant de redescendre dans une belle forêt de mélèzes où se cache le refuge Zanotti, petit refuge intimiste du Parco Alpi Marittime.

Nous prenons la direction du Passo del Ténibres et du lago Mongioie. Il nous faut une heure pour monter au lago par un sentier en lacets bien réguliers qui se termine dans un grand pierrier. Le lago Mongioie est beau, mais petit problème, impossible d’y faire un bivouac tellement c’est pierreux.

Du Parco Alpi Marittime au parc du Mercantour
Lago Mongioie, passo del Ténibres, brèche Borgonio, pas de Vens, lac de Vens ( +1120m, -1260m, 16,5km )


Nous terminons par un court passage rocheux, bien balisé de points rouges où il faut mettre les mains jusqu’à déboucher sur le Passo à presque 3000m. Il y a une très belle vue sur les lacs de Ténibre, mais le vent est glacial. Nous descendons dans de gros blocs, mais c’est bien balisé, passons entre les deux lacs puis remontons vers la brèche Borgonio, où la fin dans les rochers est bien raide et très ravinée. Patrick, sans vérifier la trace part en crête vers la droite, mais il n’y a plus aucun cairn et, trouvant cela difficile, je lui dis que je préfère redescendre un peu pour reprendre la crête plus loin.



Fin de notre grand bivouac d’été dans le Mercantour
Du lac de Vens au parking du Pra (+80m, -830m, 7,7km)
Et voilà, c’est le retour vers la civilisation. Nous repassons devant notre bivouac du premier soir et reprenons le même chemin pour redescendre. Nous croisons quelques randonneurs et pêcheurs qui montent aux lacs et refuge de Vens. Pendant toute cette descente qui ne réclame aucune attention, nous sommes encore sur notre petit nuage.
Que dire pour vous convaincre de prendre votre sac à dos et suivre nos traces? Au niveau des paysages, des lacs, des endroits de bivouac, des animaux, il est vraiment difficile de trouver mieux. Randonner en France, mais aussi en Italie est un plus: les villages, les restaurants, l’ambiance italienne… La seule difficulté est le ravitaillement, car si vous avez bien lu les pages précédentes, vous avez remarqué que nous avons fait un huit centré sur Isola 2000, ce qui nous a permis de faire les deux seuls ravitaillements de cette rando-bivouac de 18 jours. Bien heureusement, il y a les refuges où l’on peut déjeuner ou dîner, mais abandonnez tout espoir d’acheter de la nourriture dans les villages. Cela reste donc faisable, mais en calculant bien ses étapes.
Pour notre part, nous avons parcouru environ 280km à pied pour un dénivelé de 16500m positif et négatif.
Alors si vous voulez une rando-bivouac dont vous garderez un excellent souvenir, n’hésitez pas, foncez vers le Parc du Mercantour et le Parco Alpi Marittime !










