Aigüestortes, Maladeta, Luchonais, l’âme des Pyrénées
Le parc national d’Aigüestortes est situé dans la partie centrale des Pyrénées, en Catalogne. Le parc contient la plus grande concentration de lacs de toutes les Pyrénées : 190 estanys de plus de 0,5 ha, et 454 asséchés pendant l’été. On y retrouve toute la géologie des Pyrénées. Les reliefs granitiques et autres roches métamorphiques sont un héritage de l’ère primaire, l’élévation est le manifeste de l’ère tertiaire, et la glaciation de l’ère quaternaire se traduit par la forme en U des vallées.
Étape 20: d’Isil o Gil à Estanyoletes de Garrabea (+1400m, -400m, 11km)
Refugi d’Airoto, Estany d’Airoto, Estany del Rosari, Estany de Garrabea, bivouac à l’Estanyoletes de Garrabea
Nous avons commandé un taxi, pour nous remonter à Isil. Pas question de compromettre l’étape avec un stop plus qu’aléatoire à cette heure matinale. Les sacs sont lourds, mais avec le super buffet du petit déjeuner nous sommes en pleine forme et la montée est très progressive et à l’ombre. Au refuge d’Airoto, nous discutons avec trois Naïades, qui ont passé la nuit au refuge. Nous leur demandons notre chemin, car il n’est pas bien tracé à cet endroit.


Étape 21: de l’Estanyoletes de Garrabea au Refugi d’Amitges(+1300m, -1200m, 16km)
Coll de Garrabea, Coll de l’Estany Pudo, Port de la Bonaigua, Estany de Gerber, Refugi Mataro, Lac Glaçat, Coll d’Amitges, Refugi d’Amitges


Nous nous élevons encore jusqu’au refuge non gardé de Mataro, bel abri métallique orange bien équipé et ensuite nous entrons dans le « wilderness », plus une âme, que du rocher et des lacs. Nous longeons l’Estany Negre de Dalt et arrivons par un éboulis au Coth der Lac Glaçat (col de l’Estany Gelat).


Nous y retrouvons avec plaisir la famille de Toulousains que nous avions rencontrée dans la descente de la Pica d’Estats. Le refuge est cosy, la nourriture copieuse, l’ambiance sympa, beaucoup de grimpeurs espagnols qui viennent tâter le sublime rocher des aiguilles d’Amitges. Les randonneurs ne sont pas en reste non plus et il y a de quoi explorer dans ce parc, il suffit de regarder le nombre de sommets visibles à partir de la terrasse du refuge.
Étape 22: du Refugi d’Amitges au Refugi Ventosa I Calvell (+1100m, -1200m, 12km)
Port de Ratera, Tuc de Ratera, Tuc de Podo, Port de Colomers, Estany de Colieto, refugi Ventosa


Nous prenons la descente à la base du Tuc de Ratera, car nous restons un peu le long du rocher et il me semble qu’elle comporte moins d’herbe, tandis que nos Toulousains descendent jusqu’au collet et louvoient dans une descente plus herbeuse. Le problème de l’herbe est qu’une glissade peut difficilement être arrêtée, comme dans la neige. Et c’est ce qu’il advint, la femme part dans une glissade et son fils se jette pour tenter d’enrayer sa chute et les voilà tous deux partis dans la pente. Heureusement 15 m plus bas, ils réussissent tous les deux à s’arrêter, jambes tendues sur un rocher providentiel. 
Nous mangeons un morceau au col sous le Tuc de Podo et endormis par la digestion, nous descendons plus bas que nécessaire… nous devons donc nous payer un extra de montée pour franchir le Port de Colomers. Du col nous admirons les Estanys de Colieto au pied du Punta Alta, vers lesquels nous descendons. Ce sont de beaux lacs enchâssés dans des îlots de verdure et nous ne pouvons résister à une pause bucolique bien méritée! Au fond du Vall de Colieto, le sentier débouche sur le refugi Ventosa. C’est un petit refuge montagnard, vraiment différent du grand refuge cosy d’Amitges.
Étape 23: du Refugi Ventosa I Calvell à Hospital de Vielha (+1100m, -1700m, 19km)
Estany de Travessani, Estany des Monges, Lac deth Cap deth Port, Refugi de la Restanca, Lac de Mar, Estany Tort de Rius, Lac de Rius, bivouac à Hospital de Viehla

Nous prenons un café vite fait et embrayons sur une montée qui va nous amener au Lac de Mar. C’est un grand lac aux eaux si bleues que l’on se croirait en Crète, les pins en moins! Nous longeons le bord par un pierrier, ce qui nous prend un temps certain, et nous élevons jusqu’au Collada de Lac de Mar, d’où l’on domine cet immense lac. 
La descente et le cheminement le long des Lacs de Rius nous prend un temps fou, avant de rejoindre le GR11. La descente sur Hospital de Viehla est moins intéressante et surtout pas de refuge à l’arrivée, il est fermé depuis 2 ans! Nous devrons faire notre tambouille et nous bivouaquons dans la prairie près de la rivière. Quel plaisir de retrouver sa tente! Pendant les trois prochains jours, nous allons randonner sur les étapes mythiques de la HRP, côtoyer les hauts sommets des Pyrénées espagnoles, l’Aneto et la Maladeta et emprunter les hauts cols de Mulleres et du Litérole. Une ambiance de haute-montagne, pour des parcours magnifiques, mais assez corsés…
Étape 24: d’Hospital de Vielha à La Besurta, puis Benasque (+1400m, -1100m, 15km)
Refugi de Mulleres, Coll de Mulleres, lac Supérieur de l’Escaleta, La Besurta, bivouac à Benasque
Au moment du départ, nous retrouvons Jean qui a shunté le Parc d’Aigüetortes, à cause des réservations de refuge qui sont vraiment prise de tête. Nous sommes tout heureux d’être réunis de nouveau. Le temps est couvert et rapidement il se met à pleuvoir. De plus le sentier se corse avec une montée au plus près du torrent, dans un terrain escarpé. Il faut être vigilant. 
Je passe le Refugi de Mulleres, un abri métallique, en contre-haut. Le parcours est bien cairné. Je laisse les lacs des Mulleres à gauche. Malgré le temps mitigé, l’enfilade des lacs est magnifique. La montée se fait dans la caillasse, puis se termine par une escalade facile dans une petite muraille qui protège le col. On atteint ainsi le Coll de Mulleres. Je vois Philippe tout en bas. La descente côté lac de l’Escaleta se fait sur des névés peu pentus, ce qui permet de progresser rapidement.

Nous buvons une bière bien méritée à la Besurta, puis choisissons de prendre le car de 19h pour Benasque et manger en ville. Comme d’habitude en Espagne, nous mangeons très bien, copieusement et pour pas cher. Phillipe va à l’hôtel, moi dans un champ moissonné où je plante la tente. Seul bémol, une boîte de nuit, pourtant à 500m, envoie des décibels jusqu’à 6h du mat. Bouchons d’oreille obligatoires!!!
Étape 25: d’Hospital de Benasque au refuge du Portillon (+1400m, -600m, 12km)
Valle de Remune, Portal de Remune, Lac Blanc de Literole, Col Inférieur de Literole, Refuge du Portillon
Sous la pluie, nous reprenons le bus de 7h30 pour la Besurta, mais en fait nous aurions dû nous arrêter à l’Hospital de Benasque. Je m’en rends compte à l’arrivée, en lisant le topo et résultat, nous devons descendre cette piste que nous venons de faire en car. Tout faux… Heureusement, le chauffeur comprenant notre désarroi nous redescend en bus. Nous voilà donc à l’Hospital de Benasque, mais nous mettons encore un moment à trouver le bon départ. 
C’est une étape mythique de la HRP, nous sommes en haute-montagne pour un parcours magnifique, mais assez relevé. Nous remontons un torrent par un sentier escarpé, il faut rester vigilant sur ce passage délicat et nous débouchons dans l’immense cirque de Remune. Une tente verte tranche dans ce paysage minéral. Beau bivouac, mais pour connaisseur uniquement! Nous devons grimper pour passer au sud de la Forca de Remune, monter dans des blocs et aborder la Portal de Remune.



Étape 26: du refuge du Portillon au barrage du lac de Caillauas (+500m, -1000m, 8km)
Tusse de Montarqué, col des Gourgs Blancs, Lac du Milieu, Lac des Isclots, bivouac sous le barrage du Lac de Caillauas




Nous arrivons sur le Lac des Isclots, joli lac bleu avec une petite île au milieu. Pour terminer, un sentier en corniche par endroit très étroit surplombe le lac de Caillauas. Nous montons le bivouac sous le barrage du lac de Caillauas, bientôt rejoint par d’autres randonneurs, une femme qui monte vers le Portillon et un Allemand qui fait la HRP pendant ses vacances, donc en 30 jours. Il vient de Parzan ce qui représente deux étapes pour nous. Même pas fatigué à l’arrivée!
Étape 27: du lac de Caillauas aux Cabanes de la Coveta (+1100m, -1600m, 21km)
Prat Cazeneuve, Port d’Aygues-Tortes, Refugio de Viados, Hospital de Gislain, bivouac sous les cabanes de la Coveta
Depuis le barrage de Caillauas, nous prenons le sentier en corniche, qui mène au Prat Cazeneuve. Le paysage n’en est que plus joli et le sentier parcourt différents aménagements hydroélectriques assez curieux, rails, galeries dans la montagne, cela fait plus penser à de l’extraction minière. En fait, ce sont les fenêtres de la conduite d’eau, captée à Pouchergues, qui traverse la montagne. Mais le passage le plus insolite est lorsque l’on arrive à une baraque qui barre le sentier. En fait il faut oser ouvrir la porte, traverser la baraque, ouvrir une seconde porte permettant de sortir, pour se retrouver de nouveau sur le sentier en corniche. Étonnant!


Étape 28: des Cabanes de la Coveta à Bielsa (+800m, -1500m, 19km)
Collada de Pardinas, cabane de Pardinas, Bielsa


