Dukono, les portes de l’enfer
Contents d’être enfin arrivés aux Moluques!!!
J1&J2: Un bien long voyage…
Après un long voyage, une première escale à Abu Dhabi et une seconde à Jakarta sur Java, nous nous posons à 22h à Manado, situé au nord de l’île de Sulawesi. Nous retrouvons Roby, notre guide qui nous conduit à l’hôtel Travelo au centre-ville.
Moluques J3: Ternate – Halmahera: Sofifi, Tobelo


Tous ces petits inconforts n’empêchent pas la patronne d’être très sympathique et comme tous les Indonésiennes et Indonésiens, fan de selfies !!! Elle veut être photographiée avec chacun d’entre nous. Le tourisme est peu développé sur ces îles et on ne sait pas très bien si nous européens, sommes vus comme des bêtes curieuses ou bien des vedettes de cinéma. En attendant on se prête à ce petit jeu bien sympathique.
Couverts de la tête aux pieds par la cendre du Dukono…
Moluques J4: centre volcanologique du Dukono, montée au volcan, camping dans la caldeira du volcan Dukono


Aujourd’hui l’activité du Dukono est intense (le risque est de 3 sur 4). Les dernières très grosses éruptions remontent à 2010-2011. Après la signature du registre, nous rencontrons notre équipe de porteurs qui va nous accompagner pour deux jours de trek jusque dans la caldeira du volcan. Ils portent le matériel de camping, le nécessaire pour les repas et l’eau. Les charges sont réparties entre chacun d’eux.


L’atmosphère est étouffante et humide, nous ruisselons de sueur. Vers 13h30 nous faisons une pause pique-nique dans une clairière aménagée. Un des porteurs nous rejoint avec des sandwichs garnis de riz, pâtes et thon, enveloppés dans une feuille de banane. Bon, mais pas facile à manger. Nous voilà repartis pour 2h de montée assez raide. La forêt est toujours aussi dense et la cendre est de plus en plus présente sur les feuilles. La couche est épaisse, car cela fait plusieurs jours voire semaines qu’il n’a quasiment pas plu. Enfin, nous sortons de la forêt et apercevons une crête au-dessus. 
Il est un peu plus de 16h et quelques gouttes nous accompagnent. Pas suffisamment pour se débarrasser de la cendre malheureusement ! On aperçoit un petit morceau du cratère entre les nuages, et finalement le ciel se dégage laissant apparaître des panaches de fumée par intermittence. Par contre le grondement est continu, cela promet pour la nuit. Les porteurs arrivent les uns après les autres et chacun peut monter sa tente et se débarbouiller à l’aide des lingettes. Pour fêter l’évènement, Roby nous sort l’apéritif local, un alcool de palme assez fort et amer.
Quelle chance de profiter de ces beaux moments en face d’un volcan qui n’a pas l’air de bonne humeur !!! Le repas est servi sous la tente mess : poulet, riz et pomme de terre accompagnés d’une très bonne sauce. Le lever est prévu à 2h demain matin, aussi nous ne tardons pas à nous coucher. Le grondement du Dukono, la cendre qui se dépose sur la tente, l’excitation de l’ascension prochaine, tous les ingrédients d’une mauvaise nuit sont réunis !
La confrontation au volcan Dukono
Moluques J5: ascension de nuit du volcan Dukono, observation de nuit et au soleil levant

Le grondement n’a pas cessé de la nuit, et plus nous nous rapprochons, plus il est inquiétant dans la nuit noire. Nous nous frayons un passage en zigzaguant sur les pentes de scories et coulées de lave qui sont couvertes d’une épaisse couche de cendres compactes. À la lueur des frontales, nous avons l’impression d’un paysage hivernal balayé par des averses de neige poudreuse. La température en moins, car nous sommes en T-shirt !



Le jour se lève tandis que les panaches de cendre de plus en plus haut se déploient en forme de champignon atomique, dans les tons gris sombre près de la bouche, puis blanc en s’élevant, enfin s’irisant dans le soleil levant. C’est vraiment magique d’être au milieu de ce déchaînement d’énergie et de puissance. En nous retournant, nous découvrons un paysage formé de nombreux cônes volcaniques émergeant des nuages.

Vers 10h, les tentes sont démontées et nous voilà partis pour environ 3h de descente. La chaleur se fait déjà sentir, et une pause « noix de coco » cueillie sur l’arbre par les porteurs est bienvenue. Le lait et la chair tendre sont un délice. De nombreux muscadiers bien chargés nous tendent les bras. À l’aide d’une gaule, Roby fait tomber des noix de muscade. À l’intérieur de la bogue, une belle coque rouge entoure la noix.

Après le feu et la cendre, une journée turquoise
Moluques J6: îlots Kumo Kakara et Tupu Tupu, snorkeling et baignade, retour à Tobelo


De gros morceaux de thon marinés sont mis à griller tandis que Roby étale une grande feuille de bananier en guise de nappe. Il y dépose du riz cuit dans un petit pochon en feuille de banane, des tranches de cake au manioc et sucre de palme, de petites tomates, citrons, rondelles d’ananas, longanes (sorte de litchis), fruits à peau de serpent et les morceaux de thon rosés. Chacun prend un morceau de feuille de bananier en guise d’assiette et s’approche du buffet. On ne s’attendait pas à un tel pique-nique, les pieds dans l’eau sur fond de Dukono fumant. Un vrai régal excepté les fruits à peau de serpent qui ont un goût astringent et n’auront pas beaucoup de succès. Les Indonésiens par contre en raffolent.
Ensuite, c’est quartier libre, sieste pour les uns, baignade pour les autres ou encore tour de l’îlot à pied. Nous choisissons la dernière option, mais rapidement le tonnerre gronde et Roby propose de rentrer avant que cela ne soit trop mauvais en mer. Nous rentrons donc à Tobelo qui visiblement a essuyé une grosse averse.


2 commentaires
Bonjour, avez-vous les coordonnées mail et whatsapp de votre guide pour le volcan DUKONO ? Terima Kasih
Non désolé. Je n’ai pas gardé le contact de l’agence locale.