Plaine, désert, dunes ocres… une beauté saisissante
Après un voyage un peu long, de Paris à Francfort le dimanche 30 juillet, puis vol de nuit de Francfort à Cape Town en Afrique du Sud, nous atterrissons à Windhoek, capitale de la Namibie, vers 16h heure locale (1h de décalage horaire avec la France). Patrick, notre guide et Paulus notre guide local et cuisinier nous attendent à l’aéroport éloigné d’une quarantaine de kilomètres de Windhoek.

La Namibie est le dernier pays d’Afrique à avoir accédé à l’indépendance en 1990, après avoir subi la colonisation allemande de 1883 à 1916, et le protectorat sud-africain jusqu’au 21 mars 1990. En 1904, les troupes du général allemand Lothar von Trotha répriment sauvagement une rébellion du peuple Héréro. S’en suit la création de camps de concentration visant à contrôler les autochtones Héréros et Namas. Les famines, les conditions sanitaires et surtout un ordre d’extermination des Héréros prononcé par l’administration coloniale allemande provoqueront la mort de plus de 60 000 individus. Seuls 15 000 héréros survivront à ce massacre qui constitue le premier génocide du XXe siècle. 
Nous traversons Windhoek, ville perchée à 1650m d’altitude qui jouit d’un climat très agréable. Au niveau architectural, elle ne présente pas grand intérêt. Ce qui nous frappe, ce sont les maisons des quartiers résidentiels qui sont entourées de hauts murs, surélevées de barbelés. Il paraît que c’est courant dans tous les pays africains, même s’il n’y a ici que de la petite délinquance. Nous prenons nos quartiers à l’hôtel pension Moni où nous retrouvons Didier des Yvelines et Guy originaire de Lyon, arrivés tous deux en fin de matinée. Gilles et Odile, également de Lyon, nous rejoindrons vers 20h, sans leurs bagages, restés à Johannesburg…
Patrick a réservé le repas du soir dans un restaurant typique, le Joe’s Beerhouse. On y mange de savoureuses viandes locales, tels que koudou, oryx, springbok… dans un décor à mi-chemin entre saloon américain et brasserie allemande. Nous nous sommes régalés!!!
Arrivée dans le parc de Namib-Naukluft
J1: Windhoek, camp de Naukluft berge
Après une bonne nuit réparatrice et un copieux p’tit déj, nous chargeons nos sacs sur le toit du 4×4. Une remorque contient tout le matériel de camping ainsi que la nourriture et nous prenons place tous les 7 à l’arrière de ce grand 4×4 Toyota. Notre voyage commence direction sud-ouest pour rejoindre le parc du Naukluft. La route B1 est goudronnée jusqu’à Rehoboth, puis nous empruntons la piste C24 jusqu’à Büllsport, rentrons dans le parc de Naukluft, jusqu’à notre premier campement.
La Namibie compte environ 20% de routes asphaltées en très bon état, le plus souvent rectilignes et 80% de pistes pour la plupart bien entretenues.

Il est temps de présenter Patrick, guide en Namibie la moitié de l’année depuis environ 10 ans et pisteur-secouriste l’hiver à Serre Chevalier, dans les Hautes-Alpes. Quelle coïncidence !!! C’est une région que nous connaissons bien, puisque nous avons un pied à terre à Vallouise, village du parc national des Écrins…

Vers 15h, nous partons pour une rando d’environ 2h sur le sentier de waterkloof trail, boucle de 17km dans sa totalité. Nous longeons les méandres de la rivière Naukluft, petit cours d’eau à cette saison, mais qui peut rendre la piste impraticable à la saison des pluies, c’est-à-dire de décembre à avril. Un bel arbre abrite de très nombreux babouins qui se carapatent à notre arrivée. Un peu plus loin, ce sont des damans des rochers, sorte de marmottes qui nous accueillent avec un cri très particulier ressemblant à celui d’un grillon.

Premier contact avec le désert…
J2: Parc de Naukluft: Olive trail, camp de Sesriem, dune Elim
Le lever est prévu à 5h30… eh oui, pas vraiment des vacances !!! Nous partons vers 7h pour 15min de piste, jusqu’au départ du sentier Olive trail, long de 11kms pour 320m de dénivelé. Paulus nous dépose et c’est parti pour environ 4h de marche. Le sentier est très bien balisé. Nous nous élevons pour atteindre un col. Les lumières du matin sont superbes, les ombres s’étirent et la température est idéale. Les sommets s’étalent sur différents plans jusqu’au lointain, avec quelques beaux petits arbres penchés en premier plan, tout est réuni pour une bonne photographie. Sous le col, Patrick nous montre des plantes que nous croyons mortes, tiges sans feuilles recroquevillées sur elles-mêmes, appelées «plantes de la résurrection»; elles attendent simplement le printemps et son humidité pour «ressusciter».
Au col une pause est bienvenue, car il fait déjà chaud. Nous arrivons sur un vaste plateau semi-désertique, où nous nous faufilons entre les hautes herbes jaunes. Quelques arbres rachitiques de-ci de-là, peut-être verrons-nous quelques animaux, tels que zèbres de Hartmann, babouins, petites antilopes ou grand koudou… mais ce n’est pas sur commande, ce sont des animaux sauvages!

Après le repas, nous reprenons le 4×4 pour environ 3h de piste. Nous quittons les montagnes pour nous rendre au pied des dunes du parc National du Namib qui fait également partie du Parc du Naukluft. Ce sont de très beaux paysages. Le sable monte à l’assaut de grandes montagnes aux couleurs chatoyantes… cela promet pour les jours à venir.
Le désert du Namib est une région fréquentée par les touristes (tout du moins les campings), car c’est un incontournable de la Namibie. Nous nous installons au grand camp de Sesriem. Nous sommes à 900m d’altitude, au bout du camp sous un bel arbre, avec un point d’eau et un branchement électrique, un peu à l’écart du monde. 

Il est 20h, la lune est levée gênant un peu l’observation, mais nous passons un bon moment à contempler le ciel et les constellations de l’hémisphère sud, tels la Croix de Sud, le Scorpion, le Capricorne, Le Cygne…, aidé par Philippe et son application Sky Map ! Les yeux remplis d’étoiles, nous rentrons sous les tentes. Bonne nuit !
A l’assaut des plus hautes dunes du monde!!!
J3: Naukluft: Sossusvlei, Big Daddy, Dead Vlei, canyon de Sesriem, Namib desert camp

Deux montgolfières survolent Sossusvlei, cela doit être grandiose vu du ciel. Sur le bord de piste, nous apercevons un attroupement d’aigles fauves, puis des oryx effrayés, qui courent en se retournant, un guépard serait-il dans les parages? Également quelques springboks, des autruches puis de nouveau des oryx. Magnifique, cette faune sauvage! Au 45e km, la bien nommée « Dune 45 » dont on parle dans tous les guides. De nombreux 4×4 sont garés et déjà les touristes escaladent à la queue leu leu l’arête de la dune 45 !!!
Vers 7h30, nous arrivons au pied de Dead Vlei et des plus hautes dunes du monde dont la fameuse « Big Daddy » qui frise les 400m. L’oxyde de fer présent dans le sable leur donne une couleur rouge. Nous partons à l’assaut de la Big Daddy. Chacun monte à son rythme et admire le paysage. L’arête se fait de plus en plus fine et pentue. Nous surplombons Dead Vlei, sorte de lac asséché d’un blanc immaculé. Les photos s’enchaînent, il y a toujours une ondulation plus belle que l’autre, une couleur différente. Nous voilà sur l’arête finale. Les mots ne sont pas assez forts pour décrire un tel paysage: des dunes jaune-orange à perte de vue et Dead Vlei d’un blanc étincelant à nos pieds.


Ces paysages sont uniques et tout en contraste: un sol blanc craquelé, des arbres noirs aux formes étranges, un arrière-plan de dunes orange, rouge et ce ciel d’un bleu intense. Il y a toujours un arbre plus esthétique que le précédent, un angle plus intéressant pour les photos.

De retour au camp, la salade préparée par Paulus nous attend. Il faut ensuite démonter les tentes et ranger le camp. Nous partons pour le canyon de Sesriem situé à 4km. Il doit son nom aux premiers pionniers européens qui étaient obligés de nouer bout à bout six lanières de cuir (rieme en afrikaans) pour pouvoir puiser de l’eau au fond des gorges du Tsauchab. Ce fleuve, qui rejoignait autrefois l’Atlantique, a en effet creusé une profonde faille de 40m dans des strates sédimentaires de schiste et de sable vieilles de plusieurs millions d’années. Nous prenons le sentier qui mène au fond du canyon, planté d’immenses acacias. Nous sommes au frais pendant ces 3/4h de rando. Nous trouvons seulement quelques traces d’eau vers le bout du canyon, mais nous voyons bien que l’eau a été présente, car les roches sont érodées.
Nous repartons pour une quarantaine de km de piste, plutôt de « tôle ondulée », un pur régal pour le dos!!! Ce soir, nous dormirons au Namib desert camp toujours dans le parc du Naukluft. Nous devons d’abord nous enregistrer à la réception du lodge. Ce dernier semble luxueux. Nous sommes accueillis avec une serviette éponge fraîche; ils pensent sans doute que l’on passe la nuit au lodge et on ne va pas les détromper! Nous profitons pour prendre une bonne bière fraîche au milieu de ces nombreux touristes qui se prélassent sur les chaises longues au bord de la piscine. On se demande bien ce qu’il peuvent voir de la Namibie. Nous quittons le lodge pour se retrouver seuls ou presque au camp. 


2 commentaires
Très beau récit, belles photos. Ce voyage a surement été une très belle découverte
Merci Domi 🙂 Oui c’est vraiment un voyage que je recommande pour les amoureux des grands paysages africains. Entre le sud et le nord, la végétation, les animaux, les ethnies diffèrent. Une source d’émerveillement qui défie le temps…