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Lacs de Terre Rouge et Frémamorte

de Patrick

Lacs de Terre Rouge et Frémamorte… garantie 100% nature !

 

Une journée de ravitaillement suivi d’un bivouac aux lacs de Terre Rouge

Sant’Anna di Vinadio, col de la Lombarde, Isola 2000, lacs de Terre Rouge ( +930m, -550m, 15,4km )

bivouac Sant Anna di VinadioNous remontons d’abord en direction du lac de Sant’Anna avant de bifurquer à gauche vers le col de la Lombarde indiqué à 2h20. C’est une belle montée en lacets à l’ombre avec de nombreux petits sanctuaires remplis de bondieuseries. Nous arrivons sur un grand plateau avant de rejoindre le col de la Lombarde et la route à la frontière française.

Bivouac San Anna di Vinadio

Nous n’avons mis que 1h25 pour y arriver et pour atteindre Isola 2000, nous prenons un petit sentier à gauche qui permet de couper quelques lacets de la route. Malheureusement, nous le perdons et continuons donc sur la route en coupant quand même plusieurs fois les virages. Isola 2000 est une station à plusieurs niveaux et bien sûr, la galerie marchande est tout en bas dans une grande barre d’immeubles. La supérette Utile est très bien achalandée, par contre, nous avons des difficultés à dénicher une grande bouteille de gaz (465g) que nous trouvons finalement chez Sport 2000 au bout de la galerie, une Butagaz, heureusement que notre réchaud MSR est multistandard. Après les courses, nous mangeons au restaurant « La Guérite », une bonne bavette sauce forestière avec une poêlée de courgettes servie par le patron, Daniel, très sympathique.

Lac de Terre Rouge

Vers 13h30, nous sommes d’attaque pour rejoindre les lacs de Terre Rouge, les sacs sont bien lourds à cause du ravitaillement conséquent et il fait chaud.

Il nous faut une vingtaine de minutes pour remonter en haut d’Isola 2000 et trouver le départ du sentier vers les lacs de Terre rouge. Nous montons d’abord dans une belle forêt de mélèzes, puis dans les rhodos, et nous observons un chamois solitaire.  Il nous faut environ 1h30 pour atteindre le premier lac de Terre Rouge. Il est petit et au bord du sentier.

Lac de Terre Rouge

Nous continuons vers le second lac de Terre Rouge, beaucoup plus grand et un peu à l’écart du chemin, avec, en toile de fond de très belles roches rouges d’où le nom des lacs. Une fois le bivouac  bien installé dans cet environnement magnifique, nous faisons un brin de toilette et de lessive puis partons pour le tour du lac de Terre Rouge. Au retour, une hermine gambade dans les pierres autour de la tente, nous assistons à un ballet tellement rapide que nous avons du mal à la suivre du regard, alors inutile de sortir l’appareil photo ! Vers 18h un pêcheur arrive et fait le tour du lac en lançant régulièrement sa ligne.  C’est un habitué, il profite du dernier rayon de soleil vers 20h30 pour lancer une ultime fois sa ligne, alors que nous sommes à l’ombre depuis une heure.  Bivouac lac de Terre RougePassent trois jeunes randonneurs qui continuent vers la bosse de Druons, encore au soleil. Nous les entendons et suivons leur progression jusqu’en haut. Ils sortent alors un drapeau et se prennent en photo au soleil.

Bouquetin Lac Terre Rouge

Nous pensions qu’ils allaient bivouaquer de l’autre côté du col, mais non, ils redescendent à fond en courant dans la vallée.

Vers 20h30, deux bouquetins nous rendent visite, nous les suivons un moment, ils s’affrontent, cornes contre cornes. Cela sonne comme du bois entrechoqué.

 

 

Le rendez-vous des bouquetins

Lacs de Terre Rouge, bosse de Druons, refugio Emilio Questa, lago soprano del Fremamorte ( +730m, -800m, 15,5km )

Fremamorte bouquetinC’est parti en direction de la bosse de Druons que nous atteignons en vingt bonnes minutes par une longue traversée montante.

Bouquetin FremamorteNous avons un comité d’accueil de trois bouquetins, dont un jeune de l’année. Une très belle rencontre que nous immortalisons par de nombreux portraits, il faut dire que le bouquetin est un animal impressionnant, mais peu farouche! La vue est magnifique sur les lago Valescura. Une belle descente nous attend jusqu’aux lacs en passant par un baraquement militaire.

Rifugio Emilio QuestaDe très nombreux passages sont pavés. Quel travail titanesque ont fait les militaires lors la Première Guerre mondiale pour permettre aux engins d’atteindre la frontière! En arrivant au pied du lac, le bâtiment que je pensais être le refuge Emilio Questa, où nous pourrions déguster un cappuccino, n’est en fait qu’un abri. Tant pis, il faudra encore patienter une bonne heure jusqu’au refuge. Ce lac comporte de beaux emplacements de bivouac; c’est bon à savoir pour une prochaine fois. Quelques lacets bien tracés nous permettent de rejoindre les lacs suivants, dont le lago del Claus qui comprend plusieurs îlots.

Rifugio Emilio QuestaNous devons passer par le rifugio Emilio Questa qui se mérite. Il est en effet sur une bosse au pied duquel se trouve le lago del Portette, enserré dans un pierrier qui rend impossible tout bivouac. Le refuge Emilio Questa a d’ailleurs aménagé des emplacements en contrebas pour les randonneurs au long cours. Après un bon cappuccino et un super gâteau pavot-fruits des bois, nous voilà requinqués pour la suite de la matinée, car nous attendent successivement une belle descente, une longue traversée et une bonne grimpette d’environ 1h. Nous décidons de pique-niquer avant la côte, car il fait très chaud. Nous avons bien fait, car cette montée en caillasse nous semble interminable.

Lac FremamorteNous passons le coletto del Valasco, puis laissons le premier et deuxième lac de Fremamorte, et enfin nous nous arrêtons au lac soprano de Fremamorte, le lac le plus élevé. Nous montons le bivouac tout au bord du lac, les pieds presque dans l’eau.

Bivouac Fremamorte

Il est 14h15, il fait très chaud et nous plongeons dans l’eau, c’est un peu froid au début, mais nous nous sentons bien au bout de quelques brasses. Lac FremamorteEnsuite, nous avons tout le temps pour visiter le site: le baraquement militaire de Fremamorte et le bivacco J. Guiglia.

Là-haut, deux bouquetins nous observent, et nous les suivons un moment. Patrick me parle de photos vues sur le Net où un troupeau de bouquetins avait colonisé les baraquements militaires de Fremamorte. En s’approchant de ce dernier, un des deux bouquetins se montre à la fenêtre. Mais cela a été tellement rapide que nous n’avons pas eu le temps d’immortaliser cet instant magique. En continuant vers le bivacco Guiglia, un chamois, mécontent de notre visite, souffle à notre passage.

Fremamorte bivouac GuigliaLe bivouac est un tunnel métallique rouge, solidement arrimé. L’intérieur comprend une dizaine de bas flancs et tout le nécessaire de cuisine. Un refuge très cosy dans un environnement très minéral et austère. En retournant à notre tente, nous croisons une famille de chamois, père, mère, brocard et jeune de l’année remontant du lac soprano de Fremamorte, tandis que les deux bouquetins nous narguent depuis le chemin. Un randonneur passe sur le sentier vers 20h, où va-t-il ?

Nous entendons quelques coups de tonnerre dans la vallée ennuagée et le vent se lève dans la nuit.

 

 

Une très belle et exigeante étape de montagne

Lago soprano del Fremamorte, Rifugio Regina Elena, Rifugio Franco Remondino, Passo del Brocan, lago de Brocan ( +1150m, -1330m, 17,5km )

Rando FremamorteAu lever, nous voyons les cornes de nos deux amis bouquetins au-dessus de nous, et quelques chamois batifolant un peu plus loin. Il y a de beaux cirrus dans le ciel. Nous rejoignons le baraquement de Fremamorte, puis prenons le sentier descendant dans la vallée vers « Pian della casa del Ré » indiqué à 1h30. Il y a une très belle mer de nuage recouvrant la vallée. Fremamorte chamoisUne famille de chamois nous domine, nous regarde, puis un à un traverse le sentier en contrebas. La descente est jolie, bien tracée, la vallée se dégage petit à petit. Il y a deux itinéraires pour rejoindre la vallée, un qui descend direct en 45mn, mais indiqué « excursionniste esperti » (pour randonneur expert) et l’autre qui remonte un peu avant de redescendre en 1h15. C’est celui pour « expert » que Patrick a tracé. Il faut être prudent, car le sentier est étroit et un peu raviné à certains endroits, mais rien de bien méchant pour des randonneurs au pied montagnard.

Refuge Regina ElenaNous rejoignons le petit Rifugio Regina Elena caché dans les mélèzes. Nous avons d’abord l’impression que c’est fermé, mais non, le gardien arrive, nous salue et nous propose un café. Nous n’avions pas prévu de nous arrêter, car la route est encore longue, mais c’est proposé si gentiment que nous acceptons. Il nous fait entrer dans un chalet à l’intérieur vintage: vieux poêle, piolets d’antan, matériel de montagne… tenu par des bénévoles de l’association Alpine de Genova.  Nous discutons un moment de notre périple , et nous voilà repartis en descendant pour une traversée de rivière à gué afin de retrouver le départ du sentier du Rifugio Franco Remondino, et nous nous apercevons un peu plus tard qu’il y a un bel itinéraire avec passerelle venant du refuge Regina Elena!

Refuge Franco RemondinpLa montée est longue, mais régulière sur un sentier en lacets qui finit par se redresser pour atteindre le refuge situé sur un promontoire. Le vent nous accompagne, ce qui est agréable car le soleil est chaud. Nous traversons une belle cascade à plusieurs reprises. Le refuge est magnifique, une belle restauration, et il y a beaucoup de monde sur la terrasse. Nous décidons de faire une partie des 450m de montée qui nous sépare du Passo del Brocan avant de pique-niquer.

Passo del BrocanHeureusement que c’est bien balisé, car la montée alterne entre blocs et petite sente raide. Au bout de 30mn, pause pique-nique dans un paysage grandiose avec le rifugio Franco Remondino sous nos pieds. Puis c’est reparti de balise en balise, de bloc en bloc, heureusement bien adhérent. Nous arrivons sur un replat : à gauche lac Nesta que nous laissons pour prendre à droite en traversée la direction du Passo del Brocan. Encore une bonne grimpette entre blocs et névés et nous atteignons le col tant espéré à 2892m.

Passo del BrocanNous n’avons plus qu’à nous laisser aller jusqu’au lago de Brocan en contrebas. Mais c’est un gigantesque pierrier agrémenté de longs névés qui nous attend et il nous faudra deux bonnes heures pour arriver au niveau du torrent qui se jette dans le Lago Brocanlago de Brocan. Heureusement que c’est bien balisé, car il n’y a pas vraiment de sentier mais un itinéraire de bloc en bloc. Après plus de 1300m de montée, cette descente nous paraît interminable et c’est un peu dur pour les jambes. Lago BrocanPar contre, le paysage est grandiose, avec quelques nuages dans la vallée qui cachent et découvrent le lago de Brocan en alternance. En fait de 11km prévus, ma montre en indique 17,5…  Nous sommes contents de cette très belle étape de montagne. Nous montons le bivouac au pied du torrent et nous ne pouvons guère nous protéger du vent qui se monte. La vue est magnifique sur le lago de Brocan, le Bacino del Chiotas et le Rifugio Genova Figari. Paisible, un bouquetin broute non loin de la tente.

 

 

Une étape de transition vers le hameau de San Giacomo

Lago de Brocan, Rifugio Genova Figari, Colle di Fenestrelle, Rifugio Soria Ellena, San Giacomo ( +520m, -1455m, 16km )

Refuge Genova FigariDès 7h10, le soleil éclaire le bivouac ce qui est plutôt rare en montagne. Une fois prêts, nous descendons vers le Lago de Brocan et le rifugio Genova Figari qui sont encore dans l’ombre. Lac BrocanCela ne s’anime pas beaucoup autour du refuge. Par la fenêtre on aperçoit quelques têtes plongées dans leur bol de café. Nous longeons le barrage Bacino des Chiotas sur un des côtés puis l’on prend la GTA en direction du Colle di Fenestrelle indiqué à 1h20. Bouquetins MercantourTrès belle montée en lacets.

Sept bouquetins dont trois beaux mâles nous font le plaisir de nous rendre visite, ils traversent au-dessus de nous puis c’est le tour de trois chamois. Nous poursuivons notre montée et le soleil nous rejoint sous le col de Fenestrelle. Nous avons alors une belle vue sur la cime du Gelas, toit des Alpes maritimes qui culmine à plus de 3143m. En fond de vallée, nous apercevons le Rifugio Soria Ellena. Les lacets réguliers de la descente se dessinent dans la prairie. Cela repose des blocs de pierre de la veille. Nous rejoignons la piste qui conduit à San Giacomo et de nombreux randonneurs à pied et à vélo allant manger au refuge Soria Ellena viennent à notre rencontre. Il faut supposer que la polenta du refuge est excellente, car cette piste est monotone et sans attrait.

Rando MercantourNous décidons d’aller jusqu’à San Giacomo pour pique-niquer et s’installer au camping Sotto Il Faggio. Peu de temps avant d’arriver au hameau, nous traversons une très belle forêt de hêtres, c’est sombre et frais, et le paysage s’en trouve transformé. San GiacomoÀ l’entrée du hameau se trouve le restaurant « Baïta San Giacomo » , un bon plan pour ce soir. Nous traversons la rivière et voici le camping nature. L’accueil y est très sympathique. L’après-midi, c’est toilette, lessive et repos, cela fait du bien et le resto du soir est à la hauteur de nos espérances : truite, pomme de terre à l’huile et gratin de légumes en entrée, lapin aux olives et courgettes avec polenta et dessert piémontais. La cuisine est toujours bonne en Italie. Nous sommes calés pour la nuit.

Le voyage en un coup d'oeil

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