Les peuples de la vallée de l’Omo
Le marché intertribal d’Alduba
Konso, Woito, Alduba, Jinka



Beaucoup de femmes de la vallée de l’Omo portent une calebasse sur la tête, meilleure manière de ne pas être encombrée par cet ustensile, très utile par ailleurs. Les hommes portent sur la tête un bandeau de perles, et une pièce de tissu de couleur entoure leur taille. Ils portent avec élégance, à la main, un appui-nuque (borkoto) et une canne. L’appui-tête a deux fonctions: supporter la nuque en position couchée afin d’éviter d’abîmer leur coiffure très sophistiquée et plus prosaïquement il peut servir de tabouret.

Vallée de l’Omo, rencontre avec les Mursi
Nous empruntons une piste sur une soixantaine de kilomètres. Elle chemine dans une vaste plaine couverte de savane semi-aride et d’étendue broussailleuse, immense réserve d’espèces de mammifères et d’oiseaux. Nous apercevons quelques dik-diks, antilope naine de 30 à 40 cm, mais nous aurions pu voir des éléphants, lions, léopards, kudus… enfin si l’on en croit notre guide local 😉 


Il y a environ 300 habitants, dont de très nombreux enfants. Parmi les traditions du peuple Mursi figurent les combats de bâton même s’ils sont illégaux. Autre tradition, les disques labiaux en argile (labret) portés par les femmes Mursi mariées. Ces derniers peuvent mesurer jusqu’à 12cm de diamètre. Ils sont insérés dans une ouverture pratiquée entre la lèvre inférieure et la mâchoire après avoir extrait 4 dents. Cette pratique obéit à des motifs esthétiques et marque le passage à l’âge adulte. C’est une marque ethnique de richesse et d‘appartenance coutumière à un clan « noble », ancien ou important socialement. Le plateau n’est porté par la femme qu’au village et en présence de son mari ou de ses fils aînés. Avant de porter le plateau, la femme doit passer par différentes étapes rituelles initiatiques selon sa classe d’âge. Très jeune, elle a le crâne rasé puis entre 9 et 12 ans, on perce les oreilles des fillettes et on y introduit des disques de terre séchée ou en bois. Vers 15 ans, elle pourra être demandée en mariage, le prétendant offrant des vaches au père.


Après environ 2 h de visite, nous reprenons la piste en sens inverse pour Jinka où nous faisons la pause déjeuner. Nous continuons vers Konso sous le soleil. Sur le bord de la route, de jeunes garçons Suri sur leurs échasses attendent le touriste, mais cela se fait dans la bonne humeur. Les garçons Suri arborent de très belles peintures sur tout le corps et ils en sont très fiers. Nous passons la nuit à Korebta Lodge, très beaux bungalows posés sur les hauteurs de Konso.
Vallée de l’Omo, un village Konso




Le long des chemins sinueux, les enfants nous accompagnent avec des objets qu’ils ont fabriqués à l’école: la fameuse télé Konso ou encore les lunettes, made in Konso. Chacun repartira donc avec sa TV, et nous en plus avec les lunettes! Après cette belle visite, nous commençons à remonter vers le Nord en direction d’Addis Abeba. À grand regret nous quittons la vallée de l’Omo et faisons route vers Arba Minch où nous mangeons à nouveau l’excellent tilapia au restaurant « Soma ». Puis, c’est reparti jusqu’à Sodo où nous allons dormir à l’hôtel Abebe Zeleke où nous avons mangé il y a quelques jours. Bel hôtel assez récent et bon restaurant où nous mangeons du filet mignon.
Ziway


Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour visiter une maison traditionnelle avec des motifs peints. Bel intérieur avec un espace pour les animaux et un autre pour les personnes. Tout le long de la route, il y a de nombreux étals d’avocats et de fruits tels que mangues, oranges, ananas… puis des serres immenses dans lesquelles sont cultivés des légumes et des fleurs, principalement des roses destinées aux marchés européens. Nous arrivons à Ziway vers 14h et mangeons, fasting food, poisson, frites et bière pression.
Nous partons en barque sur le lac Ziway. Cerné par des montagnes volcaniques, ce lac est le plus grand (425 km2) du groupe nord des lacs de la vallée du Grand Rift.. On peut y observer une abondante faune ornithologique, pélicans blancs, ibis, aigles pêcheurs et des marabouts qui se nourrissent des déchets laissés par les pêcheurs. Le vent bien présent provoque de grosses vagues sur le lac de couleur marron. Les hippos font des apparitions très furtives. Les pêcheurs ne semblent guère s’en soucier sur leurs minuscules embarcations en bambou. Nous nous approchons de Bird Island où nous pouvons observer les oiseaux : aigrettes, ibis… puis accostons sur l’île Galila pour monter à un monastère.
Ça sent la fin des vacances…

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Ainsi se termine notre 2e voyage en Éthiopie, ce vaste pays aux multiples facettes. C’était un circuit diversifié, avec peu de temps morts, et beaucoup de temps forts! Nous restons cependant sur notre faim quant aux tribus de la vallée de l’Omo que nous avons survolées, aux randos que nous aurions aimé prolonger à l’assaut des églises perchées du Tigray, au Simien que nous n’avons pas vu. Peut-être une saison 3 en perspective?!?!

2 commentaires
Toutes nos félicitations pour ce magnifique reportage !!! merci de nous l’avoir fait partager. Patrick a-t-il réellement perdu un rein au cours de ce périple ou avons-nous mal compris ?
Avec toute notre amitié,
Marie-Claude et Jean-Claude (Ethiopie saison 1)
Cela fait plaisir d’avoir de vos nouvelles sur ce blog. Heureusement, j’ai toujours mes deux reins :-). C’est juste un langage allégorique et humoristique pour dire que notre voyage comportait beaucoup de trajets, et donc était assez fatigant. C’est la contre-partie de parcourir l’Éthiopie dans toutes ses largeurs…