Cerdagne, Ariège, Andorre, des Bouillouses à Mounicou
Étape 8: de Bolquère à l’Estany de Sobirans (+830m, -240m, 14km)
Coll del Pam, Estany de la Pradella, refuge des Bouillouses, Estany de la Comassa, Estany de Trebens, bivouac à l’Estany de Sobirans
Une fois l’infirmière passée pour la prise de sang et le petit déjeuner pris, nous plions bagage pour une étape modérée jusqu’à l’étang de Sobirans, 900m de montée et 200m de descente, histoire de redémarrer doucement. J’anticipe le fait que mon problème à la jambe droite n’est pas une phlébite. 
Nous partons de la station de Super-Bolquère, montons au col del Palm et suivons le chemin qui monte au lac des Bouillouses. Nous arrivons à l’Estany de la Pradella, qui nous paraît le lieu idéal pour déballer notre pique-nique. Sur ces entre-faits, je reçois l’appel tant attendu du médecin… Tout va bien, je peux continuer la HRP, mais il faut guérir cette inflammation.


Étape 9: de l’Estany de Sobirans à l’Hospitalet-près-l’Andorre (+1100m, -2000m, 22km)
Pic Carlit, barrage de l’Etang du Lanoux, Portella de Lanos, Cabane de Cortal Rosso, camping de L’Hospitalet


Une fois le pierrier passé, nous faisons une copieuse pause, tandis que l’infatigable Jean nous rejoint. Nous nous égarons un peu vers l’étang de Lanoux, Philippe suit sa trace GPS, tandis que je suis les explications du topo qui sont légèrement différentes et passe sur le barrage de l’étang. J’en profite également pour manger un morceau. Mais tous les chemins mènent à la Portella de Lanos.
Après un long plat, l’étape devient moins intéressante quand un aborde les pistes au-dessus du col de Puymorens, et même longuette dans les interminables lacets descendant à l’Hospitalet. Ma jambe commence à me faire mal et nous sommes contents d’arriver au gîte d’étape, où nous prenons une bière, une douche et faisons même une petite lessive avant le repas. Nous faisons honneur au menu, un plat de joue de porc façon pot-au-feu. Le patron, sympa, nous dépose en voiture au camping où nous retrouvons Jean, Christine et leur Van.
Étape 10: de l’Hospitalet-près-l’Andorre au refuge du Ruhle (+1450m, -650m, 15km)
Etang de Pédourrés, Etang de Couart, Grand Etang de l’Albe, Collada de Juclar, Etang de Joclar, l’Estanyol, bivouac au Refuge du Ruhle

Nous montons à un large col au-dessus de l’étang de Pédourrés, et là cela se gâte, nous perdons le sentier qui jusqu’à maintenant était bien balisé. Nous continuons dans la direction présumée de l’étang de Couart, peut-être un peu trop haut, mais j’ai la flemme de redescendre pour contourner un amas rocheux. Nous passons sur un bloc incliné, en adhérence et utilisons les prises main droite à mi-hauteur, pour s’équilibrer et progresser. Un peu technique, mais cela me permet d’observer Philippe, pour voir comment il passe sur les terrains délicats. Nous sortons sur un plat herbeux et retrouvons le chemin un peu plus loin.

Nous abordons le ressaut au-dessus du lac. Le chemin se fraie un passage à travers les énormes buissons de rhododendrons en fleur. Quelle beauté! Il y a maintenant quelques mares, puis le Grand Etang de l’Albe, étang rond lové au pied du pic de l’Albe. Nous passons le col de l’Albe, 2539m, point haut de la journée et descendons sur la Collada de Juclar, frontière avec l’Andorre. À nos pieds les Etangs de Juclar et le refuge andorran de Juclar. Quant à nous, nous descendons sur l’Etang de Joclar (avec un o), puis l’Estanyol sur un sentier raide, sinuant dans les blocs… no
Nous arrivons fatigués au refuge du Ruhle, pourtant il y a moins de kilomètres et moins de dénivelée que la veille, mais les blocs en montée et en descente, cela use. Jean arrive 1h après nous, bien fatigué également.
Le refuge du Ruhle est esthétique avec sa structure métallique bleue et ses oripeaux faits de drapeaux de prière népalais. L’ambiance y est conviviale et la bière pression artisanale excellente. Derrière le refuge se trouve un grand terrain herbu où chacun peut trouver sa place de bivouac.
Étape 11: du refuge du Ruhle à l’Estany dels Meners de la Coma (+1400m, -1100m, 15km)
Etang de Fontargente, Port de Fontargente, Refugi de Cabana Sorda, Refuge de la Coms de Jan, bivouac sous l’Estany dels Meners de la Coma
Nous avons rebeloté les étapes pour ne pas dépasser 7h de marche, soit 9h avec les pauses. En effet le terrain est exigeant, nous avons besoin de récupérer et pour le moment cela semble être un bon compromis. Nous allons donc faire en 3 jours les 2 prochaines étapes. Seul petit problème, il va nous manquer de la nourriture pour un bivouac…

Au Port de Fontargente, nous rencontrons un peu de monde, des randonneurs Andorrans en groupe, il faut dire que le parking n’est pas loin. En baragouinant, j’explique à un couple que nous venons de Banyuls et traversons les Pyrénées en 50 jours. Ils nous prennent pour des extraterrestres! Nous arrivons au Refugi de Cabana Sorda, sous le lac éponyme et continuons vers le Refuge de la Coms de Jan. 
Finalement la fatigue a raison de nous, un beau torrent et de belles places de bivouac nous tendent les bras. Ce torrent est en fait le déversoir de l’Estany dels Meners de la Coma, situé 150m en dessus. Nous sortons le réchaud et la casserole et rituellement préparons nos 250 g de pâtes à la sauce minestrone, accompagnées d’une boîte de thon à l’huile. Miam, miam!!!
Étape 12: de l’Estany dels Meners de la Coma à l’Estany Primer (+1000m, -1200m, 14km)
Collada dels Meners, Refugi de Sorteny, El Serrat, Encodina, bivouac à l’Estany Primer


Pour 17€ nous mangeons un repas royal, dans un cadre de luxe. Avec un peu de difficulté, nous expliquons au maître d’hôtel que nous désirons le repas du soir à emporter, et que nous le ferons réchauffer dans la popote. Il nous dit que c’est la première fois que des clients lui font cette demande, mais pas de problème. Nous voilà chargés d’une salade pomme de terre-oignons, d’un plat régional saucisses aux lentilles et pommes, d’une salade de fruits, le tout dans des boîtes plastiques. Voilà qui va améliorer l’ordinaire!

Avec le recul, je pense que la variante Collada des Meners – Refuge de l’Etang Fourcat, repassant tout de suite en Ariège par le Pic de Serrère aurait été un meilleur choix. Elle est classée « sérieuse étape de montagne » dans le Trans’ Pyr. Il aurait donc fallu la couper en deux, comme nous avons fait pour l’étape12. Cela nous aurait permis de rester en terrain sauvage et de passer à l’Etang de Rouch, qui est « un pur trésor de montagne » dixit Trans’Pyr! À considérer sérieusement par ceux qui me lisent.
Étape 13: de l’Estany Primer à l’Etang du Picot (+1000m, -950m, 11km)
Estany del Mig, Port de l’Albeille, Etang de Goueille, Refuge de l’Etang Fourcat, crêtes du Malcaras, bivouac à l’Etang du Picot



Étape 14: de l’Etang du Picot à Mounicou (+100m, -1300m, 7km)
Orris de Tignalbu, Mounicou, Vicdessos, Auzat
Le lendemain la descente sur Mounicou n’est qu’une simple formalité et vers 10h nous terminons nos maigres vivres au café de Mounicou, qui reste désespérément fermé. La patronne doit être partie faire les courses. Nous tentons le stop pour aller à Vicdessos nous réapprovisionner, mais les voitures sont très rares…
Soudain, Philippe remarque plus haut sur la route une voiture qui pourrait ressembler au Van de Christine et Jean. Il va vérifier, et oui c’est bien Christine qui est garée, attendant que Jean arrive. Il effectue le même parcours que nous, mais il s’est arrêté hier au refuge de l’Etang Fourcat, et il arrivera donc au mieux vers 16h. Très gentiment, Christine propose de nous emmener à Vicdessos. Super sympa!
Une fois les courses effectuées, nous nous rendons à pied au camping d’Auzat situé à 2km, camping où sont également installés Christine et Jean. Nous avons l’après-midi et la soirée pour nous reposer, profiter de la machine à laver et des services du camping. Le soir nous allons au restaurant tous les quatre. Au menu, cuisses de grenouille et côte de bœuf. Un délice! Je vous recommande chaudement La Table D’antan-Bar des 3000 à Auzat.
Nous changeons de secteur les jours suivants. Nous pénétrons dans le Pallars Sobira. Cela ne vous parle pas beaucoup… sachez que c’est la quatrième région de Catalogne par la superficie, mais une des densités les plus faibles du pays, avec seulement 4 habitants au km2. On ne va pas se marcher dessus! Mais c’est surtout la Pica d’Estats, le sommet de la Catalogne qui nous fait rêver.
