Soputan, un trek difficile dans les scories et la cendre du volcan
Le marché Pasar Beriman de Tomohon
Sulawesi J12: marché Pasar Beriman de Tomohon, lac Tondano, trek d’approche du volcan Soputan


Et un peu plus loin, le pire du pire: des chiens dans des petites cages, attendant d’être exécutés au gourdin et de rejoindre le cadavre des leurs sur l’étal juste au-dessus. Pour nos cœurs d’Européens, ces scènes sont difficiles à supporter. Mais pour les Minahasa d’Indonésie, les habitants de cette région, ces animaux sont de la nourriture, tout ce qu’il y a de plus normal.

Notre prochain objectif est le sommet du volcan Soputan qui actuellement joue à cache-cache avec l’épaisse couche de nuages. Nous continuons jusqu’au village de Touure pour rejoindre les porteurs qui vont nous accompagner pour la montée au volcan Soputan. Nous sommes à pied d’œuvre vers 15h pour 2h de marche jusqu’à notre campement. À droite et à gauche, des plantations de tomates et de piments, nous grimpons ensuite par un beau chemin dans une pinède. Nous longeons une rivière. Au début nous marchons sur les troncs, mais rapidement il y a trop d’eau et nous sommes obligés de déchausser. Cela nous rafraîchit. Après une dernière grimpette, nous arrivons au campement où de nombreux jeunes sont montés pour le WE avec des guitares. Nous nous éloignons un peu pour éviter le bruit, car notre lever très matinal, vers 1h30, nous oblige à nous coucher comme les poules pour garantir un minimum de sommeil. Nous prenons notre repas, puis Roby nous donne toutes les consignes concernant le matériel à ne pas oublier dans notre sac pour l’ascension.
Sacré Soputan !
Sulawesi J13: trek en aller-retour jusqu’au sommet du volcan Soputan

Situé sur la pointe nord de l’île de Sulawesi, le Soputan en est le volcan le plus isolé. Trônant au centre d’une caldeira de moyenne taille, le stratocône récent impressionne par son allure massive. Les phases éruptives assez intenses se succèdent tous les 5 ans environ, précédées par une activité sismique de quelques jours. Généralement un dôme sommital se crée dans le cratère. Parfois, ce dôme explose violemment, générant des coulées pyroclastiques qui dévalent ses flancs. En 2000, plusieurs éruptions ont formé un énorme dôme de lave. En 2004, une grosse partie du dôme du Soputan a été pulvérisée suite à une importante phase explosive. En 2011, une grosse éruption déclenche un panache qui atteint 5000m d’altitude. En 2015, il y a à nouveau un énorme panache qui évolue ensuite vers une activité effusive qui se transforme en une spectaculaire coulée de lave. Son dôme de lave est en cours d’extrusion lente.


Je décide d’attendre Isabelle et Noël afin que l’on fasse route ensemble. Le ciel rougeoie tandis que le soleil se lève. C’est magnifique, mais étant donné le terrain plus qu’instable, j’ai mis l’appareil dans le sac à dos. Isabelle est très en colère après Roby, car nous ne sommes pas encadrés. Elle l’interpelle à plusieurs reprises.
Plus nous approchons du sommet, plus le terrain se relève et plus il y a de gros blocs qui ne demandent qu’à partir. Roby fait demi-tour pour venir nous aider, tandis que le groupe de tête attend un moment, puis décide de terminer l’ascension en solo. Roby aide Isabelle à se dégager d’un gros bloc qui s’est détaché. Philippe et Fabienne semblent avoir abandonné.

Nous sommes contents d’être arrivés au sommet, mais l’activité du Soputan est en ce moment plutôt calme et soutient difficilement la comparaison avec les volcans Dukuno et Ibu, ceci au regard de l’effort fourni et de l’engagement physique que la montée comporte. Mais le Soputan pas dit son dernier mot! En effet, début octobre, il entre en éruption laissant échapper un nuage de cendres volcaniques de plus de 4000m de hauteur. D’après les volcanologues, le Soputan donnait de forts signaux depuis juillet et le tremblement de terre suivi du tsunami fin septembre a certainement accéléré son éruption.

Arrivés en haut, l’on se retourne et l’on découvre ce que l’on a monté. Heureusement qu’il faisait nuit, sinon personne ne serait parti sur ce tas de roches volcaniques complètement instable, mais néanmoins très esthétique. Émilie, pas assez fatiguée, tente et réussit un poirier face au Soputan. Après la traditionnelle photo de groupe, nous faisons le chemin en sens inverse et arrivons au campement vers 12h, les batteries bien déchargées. Un gros déjeuner nous requinque. Nous replions les tentes et descendons très cool vers Tomohon. Il se met alors à pleuvoir d’abord faiblement, avant de se transformer en une vraie pluie indonésienne. Nous arrivons trempés aux voitures et nous sommes heureux de retrouver Tomohon et notre confortable hôtel.
Mahawu, un volcan bien pépère !!!
Sulawesi J14: volcan Mahawu, Gorontalo


De Manado, nous prenons l’avion pour Gorontalo située dans la péninsule nord de l’île de Sulawesi. Trois heures de route sont ensuite nécessaires pour atteindre Marissa. Le repas du soir est un régal. Un grand buffet de produits de la mer, crabe, gambas, moules, le tout bien épicé et arrosé de Bintang, la bière indonésienne. Et comme dessert, un gâteau d’anniversaire pour fêter les 45 ans de Christophe. Nous nous rendons ensuite à notre hôtel.
