Le sel, trésor du peuple Afar
Sur la route des caravanes de sel…
Berhale, lac Karoum, Ahmed Ila


Le commerçant a eu beaucoup de mal à comprendre que je voulais la boîte entière, cela devait être la première fois qu’il en vendait 50 d’un coup! Gebriel nous propose de les donner au chef du village où nous allons passer 2 jours afin d’éviter de créer des bagarres entre les enfants. Pour eux, un stylo est très précieux.


Il est presque midi, il fait chaud, même très chaud (environ 40°) et il n’y a pas un brin d’ombre, seulement un peu d’air. Carole nous rafraîchit avec un brumisateur, cela fait du bien. Nous ne savons pas combien de temps cela va durer, ni comment ils vont faire, mais sommes certains qu’ils trouveront une solution. Une demi-heure passe, puis nous repartons dans le 4×4 de Tayé, tandis que Benjamin et le garde restent auprès de notre 4×4 en panne. En chemin, nous croisons Salomon qui est déjà de retour pour réparer. Eh oui, Salomon est cuisinier, mais aussi mécanicien et l’avenir nous apprendra qu’il excelle dans les deux domaines!

Pendant que nous mangeons les deux 4×4 reviennent, ça y est, c’est réparé, pour combien de temps, pensons-nous très fort? Repus et reposés, nous repartons pour une bonne heure de piste, plus facile, jusqu’au village d’Ahmed Ila où vivent les travailleurs du sel. Nous déchargeons nos affaires, un bon café nous attend avant de repartir voir l’exploitation de sel au lac Karoum.


Nous sommes les seuls étrangers. Les tentes ont été montées à l’entrée du village d’Ahmed Ila, juste derrière le bâtiment où nous mangerons. Une douche y a été installée: c’est un bidon d’eau qui chauffe au soleil, planqué derrière une bâche bleue et un petit pichet plastique pour se verser l’eau sur le corps. Mais c’est un luxe dans ce village. Ensuite, un coca presque frais… comme quoi l’on peut être heureux avec peu de chose. Salomon nous a préparé un très bon repas: soupe, spaghetti bolo, choux, salade de tomates et de betteraves et bananes, le tout très bien présenté.
Il fait très chaud, 39°, mais heureusement le vent se monte, cela rafraîchit un peu l’atmosphère. Il forcit de plus en plus quand nous allons nous coucher. Les tentes sont secouées, dur, dur pour dormir… En plus, il y a la télé assez fort chez les militaires juste à côté. Ces derniers sont là en permanence depuis plus d’un an, suite à l’affaire de l’enlèvement de diplomates britanniques. Pour couronner le tout, le groupe électrogène se met en route dès 4h du mat, quelle nuit les amis!
Les forçats du sel
L’exploitation de sel du lac Karoum


Ce sont souvent des Afars qui gagneront 40€ par jour. Ils travaillent du matin au soir dans l’exploitation de sel du lac Karoum, sous une chaleur accablante de 50°C, sans un brin d’ombre. Ces plaques de sel sont ensuite chargées sur des ânes et des dromadaires. Les caravanes vont remonter ce sel du lac Karoum de moins 80 mètres à plus de 2.000 mètres d’altitude sur les hauts plateaux éthiopiens.

