Blog Voyage & Trek TrekNamibie Namibie (6): Epupa, trek en pays himba

Namibie (6): Epupa, trek en pays himba

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Marcher en terre Himba, dans une nature originelle…

 

De village en village chez nos hôtes les Himbas

J14: d’Omuramba à Otjomazeva

pays himbaVers 7h nous partons à pied en compagnie de James, notre jeune guide himba, pour rejoindre son village situé à environ 14km. Il fait déjà très chaud. Le terrain est plat. Nous marchons entre les mopanes, dans les herbes jaunes, le tout bien éclairé par le soleil. En chemin, nous rencontrons un berger himba, avec sa tresse et sa houlette qui nous accompagne un bout de chemin. Il fait de plus en plus chaud. De belles pierres jalonnent le sol, des vertes, mais nous trouvons aussi quelques petites pierres noires très lourdes, qui pourraient bien être des météorites. Philippe a un aimant dans son sac et aussitôt nous faisons l’expérience, eh oui, ces pierres sont aimantées. Est-ce pour autant des météorites? l’avenir nous le dira peut-être: Philippe va les apporter aux scientifiques de Saclay où il travaille.

village himbaNous passons à côté d’un petit village où deux femmes demandent de l’eau à James. Nous traversons plusieurs lits de rivière à sec, la terre est craquelée comme un béton en fin de vie. Avant d’arriver au village, nous longeons une rivière où il y a encore un peu d’eau et donc de beaux acacias et palmiers. Cela nous donne une sensation de fraîcheur.

trek himbaNous arrivons en fin de matinée au village d’Otjomazeva, où vit James et sa famille.  Le nom himba de James est Utjimdisa Hembida, ce qui n’est pas pour nous très facile à mémoriser. Nous installons le campement non loin du village. Paulus a déjà monté nos tentes, la nôtre est sous un très beau commiphora au tronc blanc.

femme himbaNous sommes accueillis dans le village par Tjatungua, très jolie femme himba qui nous accompagnera demain en trek. Le temps que nous mangeons, le chef du village vient nous saluer. Il arrive avec sa chaise de camping, sa houlette et un instrument de musique artisanal, l’ Otjihumba  ou arc à bouche qui est serré entre les dents et frappé à l’aide d’une tige de bois. Le chef du village himba est l’oncle de James. Un jeune berger et son troupeau de chèvres passent non loin de nous, puis une femme avec son enfant sur le dos, tandis que d’autres portent baluchon et bidon d’eau sur la tête. Le temps s’écoule paisiblement. Vers 16h, après la sieste à l’ombre des arbres, nous allons voir le village où il y a une dizaine de cases. Comme le chef a disparu entre temps, nous donnons les présents à sa 1re femme.

femme himba beautéElle nous fait pénétrer à l’intérieur de sa case qui est très petite, environ 6m2 et s’installe sur une peau de vache, met à côté d’elle un brûle-parfum où se consument des écorces aromatiques et l’hématite qui lui sert à s’enduire le corps. Quelques pagnes sont pendus derrière elle, un porte-bébé en peau, sa coiffe de mariage. Il n’y a bien sûr aucun meuble et c’est très sombre puisque la seule ouverture est la petite porte d’entrée.

Nous faisons le tour du village, James nous présente sa maman et son petit frère, les plus grands sont à l’école que nous verrons demain. Les poules et les chèvres circulent à l’intérieur du village, une femme s’affaire autour d’une marmite posée sur le foyer, de jeunes enfants jouent.

village himbaQuelques femmes, certaines avec de très jeunes enfants dans les bras, ont étalé des tissus avec quelques articles qu’elles ont confectionnés. C’est l’occasion pour elles de se faire un peu d’argent. Chacun fait ses emplettes. À l’extérieur du village, il y a un second petit village où vit la 1re femme de l’ancien chef décédé. Les belles lumières au soleil couchant attirent les photographes. Le temps que nous mangeons, on entend arriver des villageois qui se rapprochent et commencent à danser et chanter. Ce ne sont que de jeunes femmes, une dizaine et quelques plus jeunes assises par terre. Les chants et danses sont plus élaborés et plus variés que la veille. Certaines mamans dansent avec leur petit enserré dans le dos, l’enfant dort bercé par la musique tribale. Nous sommes invités à participer à la danse ce qui les fait beaucoup rire. Elles arrêtent vers 21h ce qui est parfait pour nous et nous enchaînons par une observation du ciel avant d’aller nous coucher les yeux emplis d’étoiles!

 

Trek en pays himba avec Tjatungua et Hembida

trek pays himbaCe matin, nous sommes réveillés par le chant du coq. Nous partons vers 7h30 avec Tjatungua et la fille de Tjimuremo. Tjimuremo, quant à elle nous accompagnera demain, car elle doit se rendre au village d’Epupa. Les femmes himbas se couvrent d’un tissu qui recouvre leur pagne et les protège de la fraîcheur du matin. Nous longeons le village, les chèvres sont sorties et certaines sont déjà agrippées aux arbres. Il y a de nombreux commiphoras aux troncs blancs, dorés ou encore noirs, de belles montagnes sur notre gauche. Bientôt, nos deux guides retirent leur étoffe qu’elles plient soigneusement et portent sur leur tête, nous les suivons et profitons des lumières du matin pour prendre de beaux clichés. Je passe devant pour les photographier en premier plan avec le groupe derrière. Le chemin est très bien tracé, plat, voire même descendant. Nous croisons de nombreux troupeaux de vaches et de chèvres, également quelques ânes.

école himbaNous arrivons à l’école primaire locale. Nous sommes accueillis par le directeur. Celui-ci nous explique qu’au début c’était une école mobile, mais avec le nombre croissant d’élèves, l’école est devenue permanente, avec plusieurs bâtiments, 175 élèves et 9 enseignants. Il y a un internat qui a été construit et financé par un mécène allemand et un repas à 10h30 financé par l’état. L’école primaire est gratuite. Il nous parle des différents degrés, les 3 premiers sont en langue herero puis les suivants en anglais. En Namibie l’école est obligatoire, mais il n’y a pas de sanction si les parents n’y envoient pas leurs enfants.

Nous entrons dans une salle de classe du degré 3. Le maître nous montre l’emploi du temps de la semaine. Les élèves ont cours de 7h à 13h30 et puisque c’est l’heure de la sortie et du repas, un groupe nous fait une démonstration de chants et de danse. repas école himbaLes élèves sortent des salles de classe, vont se placer en rang et avancent sagement vers l’énorme marmite qui contient la polenta. Certains ont des assiettes, mais beaucoup ont des récipients hétéroclites comme un gros pot à yaourt, un pot de peinture voire même une cuvette pour plusieurs élèves! Ils forment à la main une petite boule de semoule qu’ils portent ensuite à leur bouche. Nous remplissons un registre et faisons une donation.

Il y a un réservoir d’eau au pied de l’école, mais la pompe ne fonctionne plus. Une belle rivière coule en contrebas et d’énormes baobabs trônent fièrement. Nous reprenons notre trek, la chaleur devient écrasante. Nous suivons un gros troupeau de vaches, bientôt rejoint par le berger sur son âne. Nous sommes au campement vers 12h. Les tentes sont montées et le taboulé est prêt. Nous nous désaltérons, mangeons, et ensuite nous avons bien mérité une bonne sieste à l’ombre. Vers 16h nous nous rendons à un petit cimetière himba. Il y a une dizaine de tombes, un amoncellement de cailloux avec un piquet sur lequel sont accrochées les cornes de vaches qui ont été sacrifiées. Les himbas sont christianisés, mais certains sont encore animistes et croient à la protection des ancêtres. De nombreuses cornes sont éparpillées au sol, y a-t-il eu profanation?

rando himbaNous poursuivons vers une colline et montons 150m ce qui nous permet de dominer la vallée d’Epupa et apercevoir le fleuve Kunene à la frontière angolaise. Nous sommes entourés de belles montagnes tabulaires éclairées par le soleil couchant et nous apercevons notre campement. De nombreux villageois rentrent avant la nuit, quelques rares véhicules circulent. À notre retour au camp, Tjimuremo est arrivée avec son jeune fils d’un peu plus d’un an. Nous la saluons par « moro » qui signifie bonjour en langue herero, elle nous répond « moro, parigui », bonjour, comment allez-vous? et nous de répondre « nawa », très bien. Voilà les quelques mots de notre vocabulaire herero avec « i », pour oui, « Okuehpa » qui signifie merci et « Okunene », au revoir. Nous reconnaissons également l’universalité de « mama » quand le petit appelle sa maman. Après le repas, nous profitons d’une dernière nuit dans un endroit isolé sans éclairage pour observer le ciel. Chacun progresse dans la reconnaissance des constellations.

 

Kunene et les chutes d’Epupa, la frontière du pays himba

guide himbaDépart vers 7h10 pour notre dernier trek en pays himba. Nous n’avons que 9km à parcourir jusqu’à Epupa. Tjatungua, Tjimuremo et Hembida (James) seront nos guides. Le fils de Tjimuremo  reste avec sa grande sœur et Paulus les amènera à Epupa. La brume monte du sol avec la chaleur du soleil levant. Nous avançons d’un bon pas, les himbas ont l’habitude de marcher vite avec leurs sandales en pneu recyclé! Nous traversons le plateau, croisons une piste, passons à côté d’une réserve d’eau, puis d’un village avec quelques bâtiments en dur dont un avec des peintures, est-ce une école? Ensuite, nous descendons dans un canyon jusqu’au lit de la rivière où coule un filet d’eau. Nous rejoignons la piste principale sur laquelle Paulus vient de passer, nous approchons d’Epupa.

Nous apercevons la rivière Kunene et Epupa Falls au loin, c’est impressionnant et surprenant de voir autant d’eau, de palmiers et de baobabs après 15 jours passés dans ce pays si désertique. Une véritable oasis, mais pas vraiment de fraîcheur, il est 10h et il commence à faire déjà bien chaud. Nous nous installons à Omarunga campsite, camping bien aménagé avec piscine. Il y a beaucoup de monde, Epupa est un site touristique, mais lorsque nous faisons le tour du village, nous ne remarquons qu’une petite épicerie, une autre avec un bar et un dépôt d’essence. Les gens viennent pour Epupa Falls et les himbas, rien de plus. De retour au camp, c’est décrassage complet puis un plouf dans la piscine pour se rafraîchir avant le repas. Nous saluons nos amis himbas que Paulus raccompagne dans leur village.

epupa fallsEn fin d’après-midi, nous retournons voir Epupa Falls sous un bel éclairage, puis nous sirotons une bière le long de la rivière en scrutant le passage d’un éventuel crocodile. Philippe en a vu un de loin un peu plus tôt. La température a beaucoup de mal à descendre, cela promet pour la nuit!

 

Hobatere camp

Nous partons d’Epupa Falls vers 8h pour nous rendre dans la réserve privée d’Hobatere pour un safari 4×4 avec un ranger de la réserve. Nous reprenons la piste C43 vers Opuwo, puis la C41 vers Otjerunda et enfin la C35 vers le parc d’Etosha et la Galton gate, entrée ouest du parc. Nous allons d’abord à notre camp d’Hobatere, où nous nous installons, mangeons et allons voir les animaux d’un observatoire surplombant un point d’eau. Nous avons la chance d’y voir oryx, girafes, zèbres et springboks. Puis, nous partons pour la réserve située à une bonne demi-heure de piste. Nous nous arrêtons au lodge de la réserve et là, les choses ne se passent pas comme prévu, il n’y a pas de ranger disponible et ce n’est pas possible d’y aller seul avec notre véhicule, la déception se lit sur nos visages. combat elephantPatrick arrive à négocier que nous allions voir les éléphants qui sont au point d’eau que nous apercevons de la terrasse du lodge. Nous voyons quatre éléphants tandis que deux chacals viennent leur rendre visite. Nous assistons à l’affrontement de deux mâles qui se font face, trompe contre trompe. Déçus, nous rentrons au camp.

 

Retour à Windhoek

J18: Outjo, Otjiwarongo, Windhoek

Aujourd’hui, une longue journée de route nous attend pour retourner sur Windhoek. Nous empruntons la piste C40 jusqu’à Outjo. C’est monotone, nous longeons les barrières du parc d’Etosha sur des kilomètres, seule réjouissance nous voyons des phacochères en quantité. À Outjo, nous faisons une pause ; Patrick souhaite faire réparer le problème électrique sur la remorque. Pendant ce temps, nous faisons des emplettes dans une jolie galerie d’artisanat local. Nous poursuivons par la C38 jusqu’à Otjiwarongo où Patrick fait les courses pour le pique-nique. Nous rejoignons la route goudronnée B1 et filons plein sud vers Windhoek.

pistes NamibieNous ménageons une pause pique-nique le long de la route, repartons et c’est ensuite une autre pause imposée par un pneu arraché sur la remorque!!! Cela nous retarde, Patrick voudrait arriver vers 16h pour que nous ayons le temps de faire un tour dans Windhoek. Pari gagné, il nous dépose vers 16h devant la galerie artisanale. À part cela et la rue principale, Windhoek ne présente aucun intérêt architectural. Ce soir nous sommes répartis dans 2 hôtels différents, nous nous retrouvons pour manger tous ensemble au restaurant et remercier Patrick pour sa belle prestation de guide et Paulus pour la bonne cuisine qu’il nous a préparée.

 

Ainsi s’achève cette très belle expérience dans le désert namibien et notre rencontre avec le peuple himba. Ce voyage créé par l’agence «Terres Oubliées» dont la logistique est assurée par l’agence locale «Damarana» est très complet et nous a donné un très bel aperçu de ce grand pays: de beaux paysages, un désert exceptionnel, de belles couleurs, une observation des animaux dans leur environnement et une réelle immersion en pays himba. Merci à tous pour cette belle réussite!

 

 

La suite du voyage...

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