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Moluques (1): Halmahera, le volcan Dukono

de Patrick
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Dukono, les portes de l’enfer

 

Contents d’être enfin arrivés aux Moluques!!!

J1&J2: Un bien long voyage…

Après un long voyage, une première escale à Abu Dhabi et une seconde à Jakarta sur Java, nous nous posons à 22h à Manado, situé au nord de l’île de Sulawesi. Nous retrouvons Roby, notre guide qui nous conduit à l’hôtel Travelo au centre-ville.

Moluques J3: Ternate – Halmahera: Sofifi, Tobelo

Moluques Ternate HalmaheraLe voyage aller n’est pas fini puisque le lendemain matin, nous prenons un vol intérieur de 1h pour l’île de Ternate dans l’archipel des Moluques, suivi d’une petite heure de bateau jusqu’à Sofifi, nouvelle capitale de l’île de Halmahera, au nord de l’archipel des Moluques. Après le repas pris dans un restaurant local, au menu poisson ou poulet avec du riz, nous partons en 4×4 pour 3 bonnes heures de route jusqu’à Tobelo, ville située à l’est de l’île d’Halmahera.

Moluques Halmahera TobeloCa y est nous sommes enfin arrivés !!! Nous nous installons pour trois nuits à l’hôtel Moroday de Tobelo, hôtel comportant un beau hall d’entrée pour attirer le chaland, mais pas très propre au niveau des chambres. La salle de bain est minimaliste : un tuyau pour nettoyer la cuvette des toilettes qui fait office de tuyau de douche !!! Par contre il y a une clim et elle fonctionne !!!

Tous ces petits inconforts n’empêchent pas la patronne d’être très sympathique et comme tous les Indonésiennes et Indonésiens, fan de selfies !!! Elle veut être photographiée avec chacun d’entre nous. Le tourisme est peu développé sur ces îles et on ne sait pas très bien si nous européens, sommes vus comme des bêtes curieuses ou bien des vedettes de cinéma. En attendant on se prête à ce petit jeu bien sympathique.

 

Couverts de la tête aux pieds par la cendre du Dukono…

Moluques J4: centre volcanologique du Dukono, montée au volcan, camping dans la caldeira du volcan Dukono

volcan DukonoNotre objectif du jour est la montée jusqu’à la caldeira du volcan Dukono. Le casque, le masque à gaz, la frontale et les bâtons sont déjà dans le sac à dos.  Le Dukono est un strato-volcan très actif des Moluques du Nord culminant à 1087m, avec un cratère d’environ 400m de diamètre et 150m de hauteur. Le Dukono dégage un énorme nuage de cendres de manière quasi permanente. Il n’est pas rare que ce nuage monte à plus d’un kilomètre de hauteur. Lorsque l’activité est importante, des morceaux de roche sont arrachés aux parois de la cheminée volcanique et expulsés sous forme de bombes incandescentes à des centaines de mètres de hauteur. Cela promet pour demain où nous serons aux premières loges pour observer les éruptions du Dukono.

observatoire DukonoNous partons par la route côtière jusqu’au village de Desa Mamuya, départ de la piste qui monte au volcan Dukono. À chaque grand volcan indonésien est associé un centre d’observation de ce volcan. Nous nous rendons d’abord à l’observatoire du volcan Dukono afin de connaître son activité. Le fonctionnaire nous montre le fonctionnement du sismographe, appareil destiné à déceler et enregistrer les oscillations du sol. Un stylet matérialise l’activité sur un rouleau qui tourne, quand c’est calme, le trait est droit et dès qu’il y a un dégazage, la pointe s’affole en faisant des traits de grande amplitude.

Aujourd’hui l’activité du Dukono est intense (le risque est de 3 sur 4). Les dernières très grosses éruptions remontent à 2010-2011. Après la signature du registre, nous rencontrons notre équipe de porteurs qui va nous accompagner pour deux jours de trek jusque dans la caldeira du volcan. Ils portent le matériel de camping, le nécessaire pour les repas et l’eau. Les charges sont réparties entre chacun d’eux.

Moluques DukonoLa première partie de 7 km environ se fait en camion sur une piste défoncée. Une fois le chargement du camion effectué, nous montons sur la plate-forme arrière avec les sacs et nos bagages. Nous sommes bien secoués, mais cela n’empêche pas Sophie de piquer un petit roupillon, appuyée sur les sacs de tentes!!! La piste est de plus en plus raide et défoncée. Nous descendons et le camion fait demi-tour tandis que nous commençons notre ascension. Nous avons environ 8 km de montée, pour 900m de dénivelé dans une belle forêt tropicale. Palmiers, rotin et fougères arborescentes nous entourent.

cendre DukonoBientôt la piste se transforme en un chemin étroit avec de chaque côté une végétation recouverte de cendre. La moindre secousse et cette cendre nous retombe dessus. Avec la sueur, cette cendre forme une pâte et nous nous transformons peu à peu en mineurs de fond. Nous entendons des calaos et des perruches, bientôt couverts par un bruit sourd, c’est le volcan Dukono qui gronde.

L’atmosphère est étouffante et humide, nous ruisselons de sueur. Vers 13h30 nous faisons une pause pique-nique dans une clairière aménagée. Un des porteurs nous rejoint avec des sandwichs garnis de riz, pâtes et thon, enveloppés dans une feuille de banane. Bon, mais pas facile à manger. Nous voilà repartis pour 2h de montée assez raide. La forêt est toujours aussi dense et la cendre est de plus en plus présente sur les feuilles. La couche est épaisse, car cela fait plusieurs jours voire semaines qu’il n’a quasiment pas plu. Enfin, nous sortons de la forêt et apercevons une crête au-dessus. caldeira DukonoNotre objectif du jour est proche et effectivement nous arrivons au bord de la caldeira du volcan Dukono dans laquelle nous allons installer notre campement.

Il est un peu plus de 16h et quelques gouttes nous accompagnent. Pas suffisamment pour se débarrasser de la cendre malheureusement ! On aperçoit un petit morceau du cratère entre les nuages, et finalement le ciel se dégage laissant apparaître des panaches de fumée par intermittence. Par contre le grondement est continu, cela promet pour la nuit. Les porteurs arrivent les uns après les autres et chacun peut monter sa tente et se débarbouiller à l’aide des lingettes. Pour fêter l’évènement, Roby nous sort l’apéritif local, un alcool de palme assez fort et amer.

Quelle chance de profiter de ces beaux moments en face d’un volcan qui n’a pas l’air de bonne humeur !!! Le repas est servi sous la tente mess : poulet, riz et pomme de terre accompagnés d’une très bonne sauce. Le lever est prévu à 2h demain matin, aussi nous ne tardons pas à nous coucher. Le grondement du Dukono, la cendre qui se dépose sur la tente, l’excitation de l’ascension prochaine, tous les ingrédients d’une mauvaise nuit sont réunis !

 

La confrontation au volcan Dukono

Moluques J5: ascension de nuit du volcan Dukono, observation de nuit et au soleil levant

dukono cendres nuitLe ciel est bien étoilé au lever. Nous voyons dans le faisceau des frontales une pluie continue de cendres. Celle-ci a recouvert les tentes. Nous avalons sans beaucoup d’appétit une boisson chaude et quelques gâteaux et vers 2h30, la colonne s’élance dans la caldeira. Nous sommes accompagnés ce matin de Roby et de 3 porteurs. Une bonne heure est nécessaire pour parcourir les 2 km et gravir les 150m qui nous séparent du bord du cratère du Dukono.

Le grondement n’a pas cessé de la nuit, et plus nous nous rapprochons, plus il est inquiétant dans la nuit noire. Nous nous frayons un passage en zigzaguant sur les pentes de scories et coulées de lave qui sont couvertes d’une épaisse couche de cendres compactes. À la lueur des frontales, nous avons l’impression d’un paysage hivernal balayé par des averses de neige poudreuse. La température en moins, car nous sommes en T-shirt !

dukuno cratèreAvant d’atteindre le cratère du Dukono, nous nous équipons du masque à gaz et du casque et continuons sur une pente de cendre plus fine que le sable. L’arrivée de nuit sur la lèvre du volcan, au bord du vide, est un moment riche en émotions.  Nous nous allongeons dans la cendre, éteignons les frontales et nous penchons pour essayer de voir le fond du cratère, mais pour le moment un nuage de vapeur stagne dans le volcan et seules quelques lueurs rouges apparaissent. Mais le plus impressionnant est le bruit. Imaginez à chaque explosion, le bruit de 100  Boeing décollant en même temps, une sorte de rugissement assourdissant montant du centre de la Terre. Nous sommes rapidement couverts de cendre et il est difficile de voir quelque chose à travers les lunettes, il aurait fallu les masques de ski.

cratère du DukonoA l’approche du lever du jour, la visibilité s’améliore et nous découvrons enfin le fond du cratère. 100 m en dessous de nous, une tuyère qui ne nous semble pas énorme, envoie des gaz sous très haute pression accompagnés de morceaux de lave et de blocs de roches arrachés à la cheminée du volcan. Dukono bouche de laveÀ chaque explosion, en quelques secondes, un nuage de cendre s’élève à plusieurs centaines de mètres au-dessus de nos têtes dans un vacarme assourdissant. La bouche, tel un chalumeau crache son feu. C’est inimaginable que cet orifice envoie une telle quantité de résidus volcaniques. La température et la pression à la sortie de la bouche doivent être gigantesques. Pour prendre des photos, pas question de traîner, car le matériel souffre à cause de la poussière omniprésente.

Le jour se lève tandis que les panaches de cendre de plus en plus haut se déploient en forme de champignon atomique, dans les tons gris sombre près de la bouche, puis blanc en s’élevant, enfin s’irisant dans le soleil levant. C’est vraiment magique d’être au milieu de ce déchaînement d’énergie et de puissance. En nous retournant, nous découvrons un paysage formé de nombreux cônes volcaniques émergeant des nuages.

Eruption du DukonoEncore un très beau panache et il faut se résoudre à redescendre. De jour, nous découvrons le paysage lunaire par lequel nous sommes montés. Le peu de végétation, plantes et arbrisseaux  souffrent sous une épaisse couche de cendres et attendent la pluie qui les délivrera. Vers 8h30, nous sommes de retour à notre campement et nous apprécions un copieux p’tit déjeuner, encore dans l’ivresse des moments forts que nous venons de vivre.

Vers 10h, les tentes sont démontées et nous voilà partis pour environ 3h de descente. La chaleur se fait déjà sentir, et une pause « noix de coco » cueillie sur l’arbre par les porteurs est bienvenue. Le lait et la chair tendre sont un délice. De nombreux muscadiers bien chargés nous tendent les bras. À l’aide d’une gaule, Roby fait tomber des noix de muscade. À l’intérieur de la bogue, une belle coque rouge entoure la noix.

expédition volcan DukonoNous retrouvons notre camion, pour une 1/2h de tape-cul, mais bien contents d’éviter 7 km de piste inintéressante. Sophie fait de nouveau une petite sieste ! Après le pourboire et les adieux aux porteurs, nous repartons enchantés de ce fabuleux trek sur le volcan Dukono. Nous retrouvons notre hôtel où la cabine avec tuyau unique douche-toilette nous apparaît aujourd’hui presque comme un luxe ! Nous prenons le tuk-tuk pour aller au restaurant. C’est une sorte de tricycle motorisé servant de taxi pour 2 passagers. Pour accompagner le repas, nous commandons un jus de sirsak ou corossol frais, très parfumé.

 

Après le feu et la cendre, une journée turquoise

Moluques J6: îlots Kumo Kakara et Tupu Tupu, snorkeling et baignade, retour à Tobelo

Indonésie MoluquesDépart en tuk-tuk pour l’embarcadère. Le temps est très gris. Nous allons passer la journée sur les îlots Kumo Kakara et Tupu Tupu, avec comme programme détente, snorkeling et baignade. Nous nous répartissons dans deux bateaux à balanciers. Durant la traversée, quelques dauphins font une brève apparition. Nous faisons un 1er arrêt snorkeling. Les fonds sont très clairs et peu profonds. De nombreux poissons de toutes les couleurs (poissons clowns, chirurgiens …) évoluent parmi de beaux coraux dont de grandes étoiles de mer bleues. Nous allons ensuite sur un 2e spot de snorkeling en eau plus profonde avant d’accoster sur un îlot où nous allons nous restaurer.

Moluques HalmahéraLe temps est de plus en plus beau sauf sur le Dukono où il doit pleuvoir étant donné les gros nuages gris qui le cachent. Roby et le capitaine du bateau s’affairent pour préparer le pique-nique.

De gros morceaux de thon marinés sont mis à griller tandis que Roby étale une grande feuille de bananier en guise de nappe. Il y dépose du riz cuit  dans un petit pochon en feuille de banane, des tranches de cake au manioc et sucre de palme, de petites tomates, citrons, rondelles d’ananas, longanes (sorte de litchis), fruits à peau de serpent et les morceaux de thon rosés. Chacun prend un morceau de feuille de bananier en guise d’assiette et s’approche du buffet. On ne s’attendait pas à un tel pique-nique, les pieds dans l’eau sur fond de Dukono fumant. Un vrai régal excepté les fruits à peau de serpent qui ont un goût astringent et n’auront pas beaucoup de succès. Les Indonésiens par contre en raffolent.

Ensuite, c’est quartier libre, sieste pour les uns, baignade pour les autres ou encore tour de l’îlot à pied. Nous choisissons la dernière option, mais rapidement le tonnerre gronde et Roby propose de rentrer avant que cela ne soit trop mauvais en mer. Nous rentrons donc à Tobelo qui visiblement a essuyé une grosse averse.

Halmahéra TobeloA l’arrivée au débarcadère, il y a beaucoup de monde, cela semble être le RV dominical des jeunes. Nous reprenons des tuk-tuk pour rejoindre l’hôtel et profitons du temps libre pour aller nous promener en ville avant le dîner. Nous faisons le tour d’un beau marché couvert qui jouxte un grand centre commercial. Nous sommes dimanche, mais presque tous les commerces sont ouverts. Ce soir, nous allons à pied dans un restaurant du centre-ville. Au menu, une soupe, poulet ou poisson grillé avec du riz et des légumes (haricots, pousse de manioc, épinard …) du jus de corossol ou de fruit du dragon. Le jus de fruits du dragon est violet, bon, mais pas aussi goûteux que le fruit lui-même.

La suite du voyage...

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