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Moluques (2): Halmahera, le volcan Ibu

de Patrick
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Ibu, esthétique volcan strombolien

 

Sur les routes indonésiennes…

Moluques J7: Jailolo, Duono, observatoire du volcan Ibu

Moluques Halmahera Ce matin, nous quittons l’hôtel où nous faisons une dernière séance de selfies avec la patronne. Nous partons plein sud en direction de Jailolo avant de remonter vers le centre de l’île, environ 300 km et 5h de route. Nous faisons un très gros détour, car la route de Tobelo à Jailolo n’est pas terminée. Nous traversons de très nombreux villages. Après une bonne route, nous empruntons une voie bien défoncée et très montagneuse. Nous mangeons à Jailolo dans un restaurant très couleur locale, où de nombreux fonctionnaires en uniforme sont attablés.  fruit du dragonÀ nouveau une petite séance selfie. Un plat de petites bananes est en libre-service sur chaque table. Cela n’a rien à voir avec celles que l’on trouve en France, elles sont beaucoup plus sucrées. Après le repas, il nous reste environ 2h de route jusqu’au village de Duono au pied du volcan Ibu, où nous allons dormir chez l’habitant.

Moluques HalmaheraEn arrivant au village, nous allons à l’observatoire du volcan. Nous réveillons le fonctionnaire chargé de surveiller l’activité volcanique de l’Ibu ! Les sismogrammes des 2 ou 3 jours précédents montrent une forte activité. Pour les Indonésiens l’Ibu est un volcan sacré. Guy de Saint-Cyr, patron de l’agence Aventure et Volcans, a dû se battre pour expliquer notre intérêt scientifique et photographique pour les volcans et convaincre les autorités et les porteurs d’accompagner des groupes. Incroyable, le fonctionnaire chargé de surveiller l’activité volcanique n’est jamais monté jusqu’au sommet de l’Ibu, il est allé jusqu’au capteur situé 400m sous le sommet…

Duono, volcan IbuDe retour à Duono, nous nous répartissons dans deux maisons, celle du chef du village et celle d’un policier. Nous recevons un très bon accueil de la femme du policier, qui se met en quatre pour débarrasser le salon, nettoyer la salle de bain, faire en sorte que nous nous sentions bien. Nous profitons d’une belle fin de journée pour nous promener et découvrir les premiers panaches de l’Ibu qui trône 1100m au-dessus de nous.

L’Ibu est un strato-volcan culminant à 1325 m au milieu d’une forêt assez dense. C’est un massif conique dont le sommet est tronqué par un complexe de cratères emboîtés. Un large couloir ouvre le côté nord depuis le bord du cratère jusqu’à la base de l’édifice. Le cône principal est complété de deux petits cônes. Le volcan Ibu présente une activité strombolienne qui a débuté il y a 20 ans, avec la formation d’épais panaches de cendres. Cette activité explosive, après s’être réduite entre 2001 et 2010, a repris de la vigueur et n’a cessé de s’accentuer depuis. Nous avons hâte de voir cela.

 

Une nuit mémorable sous les feux de l’Ibu

Moluques J8: montée au volcan Ibu, installation du camp et observation du volcan en soirée et nuit

exploitation noix cocoAprès une nuit mouvementée et un peu bruyante ( c’est la fête du village ), nous nous préparons pour la montée à l’Ibu. Les sacs sont répartis entre les 7 porteurs qui partent en mobylette tandis que nous partons à pied derrière la maison du chef du village. Il y a un porteur avec nous plus Roby et la consigne est de bien se suivre, car il y a de nombreux faux sentiers. C’est d’abord une montée tranquille dans une forêt de palmiers cocotiers, cacaoyers, bananiers, muscadiers … nous passons à côté de cabanes où sèchent les noix de coco. Pour la récolte de l’amande ou coprah, qui donnera l’huile de coco, la noix est ouverte et laissée une journée au soleil. L’amande se détache alors plus facilement et est ensuite séchée dans des fours artisanaux.

Après une heure de faux plat, nous attaquons les hostilités. La pente devient plus raide et quelque peu glissante, des lianes nous barrent le chemin ainsi que des pièges à oiseaux, la vigilance est de mise. Roby nous montre les arbres à fruits peau de serpent (Salak), sorte de palmiers avec de gros piquants sur les feuilles.

cueillette noix cocoLors d’un arrêt, un des porteurs monte le long d’un cocotier pour faire tomber plusieurs noix. En 2 ou 3 coups de machettes, il enlève un bout de l’écorce afin que l’on puisse boire le lait à l’intérieur et détaille ensuite l’intérieur. Un autre porteur s’assoit sur une râpe artisanale et râpe une noix de coco pour le repas du soir. Roby quant à lui récupère un morceau de bambou qui servira à la cuisson du dîner. C’est reparti jusqu’au pique-nique. Il fait chaud et humide et la pente est soutenue. Le repas de riz et de thon nous requinque pour attaquer la dernière partie toujours aussi raide, faite de grandes marches de terre.

On ne découvre le volcan Ibu qu’au dernier moment. La forêt s’arrête nette sur le bord de l’ancien cratère. Il nous aura fallu environ 6h pauses comprises pour arriver sur le contrefort du volcan Ibu. Nous sommes à environ 400m du dôme qui ne cesse de grandir par accumulation de roches volcaniques. Roby nous explique qu’il y a un an, lors de son dernier passage, le dôme était bien plus  bas et que l’on voyait davantage.

éruption volcan IbuC’est un paysage de désolation: un amas de roches noires, blanches et rougeâtres, d’anciennes coulées de lave dévalant lentement dans l’immense cratère de l’Ibu qui nous fait face. Derrière nous, la mer et les villages, 1000 m plus bas. Le temps est un peu gris, mais sans plus. Le premier panache ne se fait pas attendre, mais cela ne prévient pas comme le Dukono qui gronde en continu. Là on croirait plutôt une fusée qui décolle. camping volcan Ibu

Roby déblaie la plate-forme avec sa machette pour pouvoir monter les tentes. L’espace est très réduit, une bande de terre assez longue, mais étroite puisque le cratère de l’Ibu est à nos pieds. Les tentes sont à environ 80cm du vide, il ne faut pas faire un pas de travers… Quel spectacle ! L’Ibu envoie des panaches à un rythme plus lent que le Dukono, mais ils sont tout aussi impressionnants.

 

sommet volcan IbuTandis que le soleil se couche côté mer, nous admirons le volcan Ibu en éruption et les teintes de la roche volcanique virant au brun- rouge. Pendant ce temps, Roby aidé par les porteurs nous prépare un plat traditionnel Toraja, le papiong, cuit dans un tronc de bambou: poulet, légumes et noix de coco râpée sont insérés dans le tronc et cuits sur les braises. Un régal pour les papilles avec en toile de fond les panaches de l’Ibu.

éruption IbuLa nuit est maintenant installée et les photographes sont prêts. Le peu de place restant est occupé par les pieds photo et les derniers réglages avant le grand spectacle sont effectués. Les premières flammèches rougeoyantes apparaissent tandis que des roches rouges dévalent dans l’ancien cratère de l’Ibu. Mais la fumée qui se dégage, passe devant l’éruption créant un halo qui rend la tâche difficile aux photographes. Il faut donc profiter de l’instant présent et mémoriser en nous ces images.

Des gerbes rouges fusent à différents endroits dans un vacarme assourdissant. On imagine l’enfer que cela doit être dans le cratère principal, car nous sommes assez loin et l’on ne voit que ce qui est projeté au-dessus du dôme de l’Ibu, et les scories de lave s’écoulant dans l’ancien cratère. Le spectacle, telle une pièce de théâtre en plusieurs actes se renouvelle sans cesse, avec des intensités lumineuses et sonores différentes. Certains passeront la nuit dehors sans en perdre une miette, tandis que d’autres se reposeront quelque peu. Roby nous dit que l’activité devrait être à son comble vers minuit, mais je doute que le volcan soit aussi prévisible…

 

 L’Ibu sort le grand jeu

Moluques J9: observation matinale de l’Ibu, descente du volcan

Ibu éruption de lave J’ai mis le réveil à 0h30. Je reste dans mon duvet à l’entrée de la tente et admire un très beau panache rouge. Les conditions sont maintenant idéales pour la photo et ceci  jusqu’à 3h où il se met à pleuvoir. On se recouche jusqu’au lever du jour vers 5h30. Au moment du lever du soleil, il y a des nuages et malheureusement pas de beaux panaches, mais c’est beau quand même.

éruption IbuAprès le démontage des tentes et le p’tit déj, le volcan sort de sa léthargie et nous envoie avec une violence inouïe des panaches en forme de chou-fleur, toujours plus beaux, toujours plus hauts.

C’est un beau final, qui nous laisse repus. Nous attaquons la descente qui va être longue et fatigante pour les genoux. Les marches de terre paraissent plus hautes que la veille et de plus il faut être prudent, car cela glisse un peu.halmahera forêt Sur le chemin il y a des bombes volcaniques assez récentes qui ont été propulsées par l’Ibu, soit un vol de 500 m ! Le ciel devient de plus en plus bleu et plus on descend, plus la chaleur humide se fait sentir.

La forêt est magnifique. Quelques beaux spécimens de papillons, araignées, phasmes agrémentent notre descente. Comme à l’aller, on fait un arrêt noix de coco en direct du cocotier. La dernière partie en faux plat nous semble interminable. Nous arrivons vers 13h après avoir parcouru nos 11km et dévalé 1100m de dénivelé, heureux d’avoir eu de si bonnes conditions pour observer l’Ibu. La femme du policier nous a préparé un bon repas pour nous requinquer : poulet, légumes, riz, le tout accompagné d’une très bonne sauce à base de cacahuètes et de noix de muscade et pour finir, de l’ananas succulent. Avant de partir, elle offre des noix de muscade à chacun de nous, quelle gentillesse !

Nous repartons en direction de Jailolo et nous nous installons à d’Hoek hôtel. Ce dernier paraît bien extérieurement, mais encore une fois le ménage laisse à désirer et les draps sont sales !

La suite du voyage...

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