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Madagascar (6): trek dans le parc de l’Isalo

de Patrick
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L’Isalo, canyons de grès et d’ocres

 

Bienvenue chez les Bara

Ranohira, entrée dans le parc national de l’Isalo, trek dans le canyon des Rats

bara zébuNous quittons le Tsara camp sous un grand ciel bleu à bord d’un pick-up qui va nous conduire au prochain village. Sur les 15km de piste, nous voyons de nombreux villageois endimanchés qui rejoignent le village à pied pour assister à la messe. Nous voici au village où nous retrouvons notre minibus et notre chauffeur Mika.

Le minibus chargé, c’est parti pour 30min de bonne piste avant de rejoindre la RN7 vers Ranohira. Nous entrons dans le pays Bara, peuple d’éleveurs nomades, où voler des zébus est une tradition ancestrale. zébu baraC’est même une preuve de virilité pour les jeunes hommes. Les Bara privilégient la possession d’un zébu à celle d’une maison ou d’autres biens matériels. Fetra nous explique le système de l’épargne malgache:

  • la volaille est l’épargne à court terme,
  • le porc acheté en janvier et revendu en juin au moment de la fête de l’indépendance représente l’épargne à moyen terme,
  • le zébu coûte environ 300€ et représente l’épargne à long terme. Il faut posséder des zébus pour se marier.

RN7 IfandanaLes maisons sont toujours en torchis, mais plus basses qu’en pays Betsileo. Une fois sur la RN7, la route est quasiment droite à perte de vue. Nous apercevons le rocher d’Ifandana qui rappelle un épisode tragique de l’histoire malgache où, pendant le règne de Radama I, les populations betsileo ont préféré se jeter du haut de ce rocher plutôt que de se soumettre à la domination merina.

Le paysage change et devient aride. Après la traversée de nombreux villages, toujours très animés avec des petits vendeurs le long de la route, nous arrivons à Ranohira, une des entrées du Parc naturel de l’Isalo (prononcé «Ichal»). Après les formalités administratives, nous faisons la connaissance de Vincent, notre guide local et rejoignons le départ de notre dernier trek. Le massif de l’Isalo comprend d’étonnants canyons de grès, s’étirant sur 130 km dans un cadre de savane mordorée. Les teintes des roches sont grises, ocres ou encore rouges, devenant bleutées au coucher du soleil. Isalo canyon ratsCe massif ruiniforme a été sculpté par le vent et travaillé par l’érosion.

Nous partons vers 14h30 pour 2 bonnes heures de marche dans le canyon des rats, canyon très profond où la lumière pénètre difficilement. Au retour, le coucher de soleil nous offre de très belles lumières sur le massif.

 

Les paysages magnifiques du parc de l’Isalo

 Trek dans le canyon Maki, bassin du roi, piscine naturelle et camping

parc IsaloIl y a eu beaucoup de vent, et quelques averses ont ponctué la nuit. Les nuages font de la résistance au réveil, mais rien de bien inquiétant. Nous pouvons immortaliser de très belles lumières sur les falaises, au moment du lever du soleil.

Nous partons vers 8h en direction du canyon du maki, long de 17 km. Le trek démarre en forêt avant d’arriver dans le canyon où de belles marches ont été taillées dans la roche. Nous allons jusqu’au bassin du roi avant de faire demi-tour, car il est délicat de continuer dans le canyon à cause de très gros blocs qu’il faudrait franchir. Nous remontons sur le haut du canyon et découvrons un vaste plateau et massif ruiniforme.

trek IsaloLes paysages du parc de l’Isalo sont magnifiques. Les nuages ont totalement disparu et il fait même chaud. Nous parcourons plusieurs kilomètres dans un paysage lunaire aux formes insolites qui se métamorphosent au gré des lumières. parc IsaloY pousse une végétation endémique tel le pachypodium. Nous nous arrêtons au niveau d’une source pour pique-niquer.

Une heure trente de trek avant d’atteindre la piscine naturelle tant attendue, où nous profitons d’un bain mérité entouré d’une végétation luxuriante. Le campement est situé juste au-dessus. Avant le coucher du soleil, Patrick repère de beaux spots pour le lever du jour. Pour le dernier soir en compagnie de Léa, Vincent et les porteurs, nous avons droit à un punch coco aux fruits, suivi d’un repas typique malgache: une salade de légumes, du porc en sauce accompagné de riz rouge et de brède, puis pour terminer une crêpe au chocolat. Le ciel est très étoilé au moment de se coucher.

 

Les lémurs du parc de l’Isalo

Piscines naturelles ‘bleue’ et ‘noire’, Cascade des nymphes, Ranohira, Ilakaka, Tulear

parc national IsaloMalheureusement, au réveil, nous sommes dans le brouillard. C’est raté pour les belles photos de lever de soleil dans les rochers déchiquetés… La mort dans l’âme, nous quittons le campement peu avant 7h pour un trek vers la piscine naturelle ‘bleue’, la piscine naturelle ‘noire’, ainsi que la cascade des nymphes. Le terrain d’abord plat devient descendant, puis remonte à un col. Le soleil tente une timide percée, mais cela ne dure pas et c’est dommage pour les photos, car ces roches aux formes esthétiques sont magnifiques.

Isalo piscine naturelleUn sentier balcon nous amène au campement des cascades où il reste encore quelques campeurs. Un caméléon se prélasse sur une branche. Les lémuriens quant à eux boudent, car le soleil ne daigne pas percer. Peut-être au retour, avec un peu de chance… Nous filons le long de la rivière en direction des piscines, l’une est en effet bleue tandis que l’autre est très sombre, mais cela manque cruellement de lumière.

Nous revenons sur nos pas pour prendre le chemin qui monte à la cascade. Cette dernière est très belle, un filet d’eau plonge dans un bassin vert pâle.lemur sifaka De retour au camp, quelle surprise, les lémurs sont de sortie! 5 ou 6 Eulemur Fulvus ou lémur fauve au pelage marron et un lémurien sifaka ou grand blanc, le seul qui reste dans la région. C’est en effet une espèce menacée de disparition. Ils sont superbes, ils posent presque pour les photos!

lemur eulemur fulvusNous quittons nos amis lémurs pour rejoindre le parking où nous attend Mika avec le minibus. Nous sortons du parc de l’Isalo, rejoignons Ranohira et faisons nos adieux à Vincent, les porteurs, Vali et David de la logistique, et enfin Léa notre cuisinière émérite qui nous a vraiment régalés. C’est en effet la fin de la partie trek du séjour.

La route est toute droite sur des kilomètres. On croise très peu de voitures, quelques taxis-brousse. Nous nous arrêtons pour manger à Ilakaka, qui s’est transformée en une ville digne du Far West avec ses baraques champignons, ses bars, suite à la découverte en 1998 d’un important gisement de saphir. En deux bonnes heures de RN7, nous atteignons Tuléar sur la côte sud-ouest de Madagascar, où nous passerons la nuit dans un hôtel tenu par une Française. Nous prenons possession de nos chambres avant d’aller faire un petit tour en bord de mer et au marché au coquillage avant la tombée de la nuit. La plage est très sale et il y a un très fort vent. Le soir, nous retournons en ville pour manger dans un restaurant de poisson.

 

La suite du voyage...

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