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Madagascar (3): trek en pays Betsileo

de Patrick
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Betsileo, le peuple au grand coeur

 

De village en village

Fianarantsoa, début du trek au pied de la montagne Somaina, nombreux villages Betsileo

FianarantsoaAu lever, pas de changement, c’est le brouillard. La nuit ne fut pas très bonne, car l’hôtel est situé juste à côté d’un bar ouvert toute la nuit. Bruit et musique jusqu’à 4h du mat’, puis l’appel à la prière du muezzin vers 5h30 et enfin l’angélus vers 6h… Pas très frais, nous retrouvons Fetra vers 8h, pour une visite de Fianarantsoa.

Tout d’abord, nous allons dans le studio de Pierrot Men, photographe franco-sino-malgache, mondialement connu. Un homme très simple et pourtant un photographe de génie: j’ai particulièrement apprécié ses clichés N&B sur la vie malgache, ses paysages empreints de douceur. Une exposition de Pierrot Men débute en France dans le Cher, ce samedi et jusqu’en septembre. Peut-être y irons-nous en rentrant… Ensuite, nous montons dans la ville haute, le Fianarantsoa historique. Le brouillard se dissipe enfin et nous avons un beau coup d’œil sur la ville intermédiaire avec ses rizières.

FianarantsoaFianarantsoa avec ses 250 000 habitants est la 3e ville de l’île. Des enfants nous vendent des cartes postales, qu’ils ont confectionnées. Dessins, tissus, collage, c’est original et cela change des cartes industrielles imprimées! Après la visite de la vieille ville, nous avons environ 1h de route vers le sud pour rejoindre le point de départ de notre second trek en pays Betsileo. À la sortie de Fianarantsoa, nous achetons des tranches de kuba à une vendeuse sur le bord de route. C’est un gâteau à base de farine de riz, de miel et de pistache enveloppé dans des feuilles de banane.

Madagascar fabrication briquesÀ 11h30, nous sommes à pied d’œuvre. Le trek débute par une montée traversant des parcelles cultivées (manioc, patates douces, ananas) au pied de la montagne Somaina. Nous passons par de nombreux villages betsileo, typiques des hautes terres où les maisons sont faites de briques en terre ocre. Les villageois dont beaucoup d’enfants nous accueillent chaleureusement par un «Salam, Salama, Salame,…» très chantant.

Au bord du chemin, un ancien se lève à notre passage, rejoint par ses petits-enfants et arrière-petits-enfants et nous souhaite la bienvenue dans son village dont il est le chef. Fetra lui demande son âge: il a 85 ans; il est très digne avec ses petites lunettes, son chapeau de paille, ses vêtements traditionnels betsileo: longue tunique et lamba sur les épaules. Le village est constitué de sa seule famille! Dans le village suivant, on assiste à la fabrication des briques en terre ocre; ces dernières vont mettre deux jours à sécher.

village betsileoNous poursuivons notre trek par une montée efficace et arrivons sur un autre village betsileo. Là, un garçon joue d’un instrument artisanal, petite guitare dont les cordes sont en fil de pêche. De jeunes enfants, des femmes portant leur bébé sont autour de lui. Ces dernières se laissent volontiers photographier. Elles demandent à Fetra s’il a des photos provenant du dernier trek, l’an passé. Malheureusement non… Nous promettons de leur faire parvenir nos photos via Fetra (promesse tenue!). Vient l’heure de la pause pique-nique: une bonne salade de riz, puis le fameux kuba en dessert, c’est nourrissant et très bon. Après une courte sieste au soleil, nous prenons quelques photos des rizières en contrebas, avec cette terre rouge si particulière.

betsileo paysageC’est reparti, toujours en montée jusque vers des dalles qui marquent le point culminant de la journée. Notre trek du jour se termine, il ne nous reste plus qu’à nous laisser aller 700m plus bas, jusqu’au campement que nous atteindrons à la nuit tombante. Les tentes sont déjà montées, une foule d’enfants nous accueille, mais nous les distinguons à peine dans la nuit. Nous sommes au pied de rizières gorgées d’eau, gare aux moustiques!!! À partir de ce soir, nous avons une cuisinière, Léa qui va nous accompagner tant que nous serons en trek. Ce soir, nous avons également deux gendarmes qui assurent notre sécurité! Comme nous sommes en dehors des sentiers classiques, l’agence s’est engagée auprès de Tirawa à assurer la sécurité de ses clients. En espérant qu’ils ne boivent pas trop de Toaka, car, d’après Fetra, ils étaient bien éméchés l’an passé et étaient donc un peu lourds avec les clients! Après le planteur habituel, préparé par Valy, le spécialiste logistique, Léa nous a cuisinés des crêpes au fromage suivi d’un steak de zébu au poivre et pour terminer des bananes au caramel, un régal! En se couchant, il y a une très forte humidité sur les tentes malgré un ciel très étoilé.

 

Un dimanche chez les Betsileo

2ème journée de trek: Vohimanira – vallée aride de Vohibe – Ankitapa

jardin betsileoAu lever, il y a un léger voile de brume qui fait le bonheur des photographes.  Le soleil apparaît vite, tout comme les nombreux enfants du village d’Ambatovory, situé juste au-dessus du campement. Nous profitons des belles lumières du matin pour photographier les enfants, mais également les rizières et les petits jardins tout proches. Vers 8h30 nous sommes fin prêts.

église betsileoEn chemin, nous croisons de nombreux villageois endimanchés allant à la messe. Il y a même une jeune fille d’une dizaine d’années en robe de communiante et chaussures noires vernies. Elle a célébré sa communion dimanche dernier et elle a souhaité remettre sa robe ce dimanche, et probablement les dimanches qui suivront.

Nous croisons trois hommes. Le plus âgé affirme à Fetra avoir de l’or sur ses terres, ce qui est certainement la réalité puisque des Vazahas traînent dans le coin! Fetra lui explique que nous ne sommes pas des orpailleurs, mais de simples trekkers, mais bon, il est à moitié convaincu! betsileo enfantTrois jeunes avec des échasses fabriquées maison viennent à notre rencontre. Que de vie en ce dimanche matin. Un monsieur consolide sa maison en insérant des briques dans les angles.

Nous montons jusqu’au prochain village betsileo où les familles profitent du repos dominical. Une grand-mère avec sa petite fille dans les bras pose pour la photo. Une piste nous amène jusqu’à Vohimanira, le bourg principal de la région. Nous arrivons au moment de l’office religieux. L’église est ouverte, il y a beaucoup de monde à l’intérieur et cela circule pour déposer des offrandes, les enfants rentrent et sortent. Il y a beaucoup de chants et bien que l’on ne comprenne pas les paroles c’est émouvant et gai à la fois. À la sortie, les enfants nous attendent sur les marches attenantes à l’église pour qu’on les prenne en photo. L’un d’eux se met à danser et le reste de la troupe suit! Nous traversons le village par la place du marché. Une jeune mère avec sa petite fille fait des galettes de riz sur le bord du chemin.

betsileo zébuQuelle palette de couleur! Le bleu du ciel contraste avec la terre ocre rouge, le jaune doré des herbes hautes et le vert des cisales. Nous descendons jusqu’au prochain village betsileo et enchaînons une petite heure de montée avant de manger sous un manguier en fleur qui va nous protéger du soleil. Après une petite sieste, il nous reste environ 4h de trek pour rejoindre notre campement. Il fait chaud, mais il y a toujours un peu d’air frais. Le paysage fait un peu penser à l’Altiplano avec l’altitude en moins!

famille betsileoAu village suivant, sous un énorme ficus se reposent femmes et enfants. Nous profitons également de l’ombre, les femmes se font des tresses et nous chantons afin de faire chanter les enfants. Les filles se lancent, mais les garçons ne pensent qu’à faire les cacous! On est bien ici, mais il nous reste du chemin! Encore un petit effort pour atteindre Ankitapa. La température a baissé, les couleurs sont de plus en plus belles. Nous marchons au milieu de hautes herbes, dans la vallée aride de Vohibe «la grande montagne» quand nous apercevons un village au pied de la colline et découvrons le campement à gauche de ce dernier sur un promontoire.

enfants betsileoDernière montée et quelle surprise à l’arrivée, une soixantaine d’enfants sont là à nous attendre sur de grandes dalles en criant «Salam, Salama, Salame,…». Ils sont curieux, nous observent, mais restent assis sagement. Nous faisons le spectacle, mais c’est réciproque; c’est un plaisir partagé d’être entourés de ces enfants respirant la joie de vivre. Trois jeunes filles font des aller-retour avec des seaux d’eau sur la tête pour approvisionner la cuisine. Avant la tombée de la nuit, tous les enfants et les quelques adultes redescendent au village avec le troupeau de zébus. Au repas ce soir: soupe chinoise, omelette au fromage avec plat de légumes variés et salade de fruits. C’est toujours aussi bon. Au coucher, il fait très doux et moins humide qu’hier et le ciel est bien étoilé.

 

 

De belles scènes villageoises

Ankitapa – fin du trek à Ambalavao

trek betsileoGrand beau temps dès le lever. Très rapidement, les enfants remontent et reprennent leur poste d’observation. Nous partons vers 8h45 en direction du village d’Ankitapa avec les enfants dans notre sillage. Ce village est constitué d’une soixantaine de petites maisons identiques, hautes et étroites, typiques des villages betsileo. culture betsileoDes femmes coupent les racines de manioc tandis que d’autres pilent le riz ou le maïs.

madagascar zébuNous photographions encore et encore ces belles scènes de vie pastorale.

Il faut se résigner à quitter ce beau village et commencer notre trek du jour qui nous amènera à Ambalavao. Nous montons jusqu’au col en dessous du pic Vohitafia, surmonté d’un gros rocher que nous avions remarqué de loin il y a 2 jours. Au col suivant nous attendons nos porteurs. Nous apercevons le massif de l’Andringitra (qui se prononce «Andgincht’»), notre prochain objectif de trek. Après une bonne demi-heure de descente, nous pique-niquons sur des dalles au bord de l’eau puis en une demi-heure nous rejoignons les 4×4 qui nous emmènent à la ville d’Ambalavao dans un petit hôtel «Aux bougainvillées».

AmbalavaoAmbalavao situé au fond d’une cuvette appelée la vallée des Morts est une petite ville betsileo pleine de charme avec ses rues serrées bordées de maisons à étage et à balconnets de bois, aux teintes pastel. Le papier antaimoro fabriqué à partir de l’écorce d’Avoha fait la réputation de la ville. Nous commençons par la visite de l’atelier où se fabrique ce fameux papier. Cette écorce séchée est cuite dans une grosse marmite pendant trois heures. L’écorce est malaxée à la main à l’aide d’un marteau en bois pour obtenir une pâte mise en boule. Cette boule est mise dans un seau rempli d’eau et ensuite la solution est versée dans un bassin spécial où l’on y a mis préalablement une toile en coton. Lorsqu’on retire l’eau du bassin, la pâte reste sur la toile qui est directement séchée pour obtenir une grande toile. La toile est sèche en quelques heures et le papier se sépare de la toile.

Ensuite, nous allons faire un tour rapide en ville avant la nuit. Le marché est terminé et il n’y a plus que du charbon à vendre. La ville semble bien tranquille. Nous avons droit à des «Bonjour, comment ça va?» ou bien «Regarde, des Vazahas!» dit une maman à son enfant.

La suite du voyage...

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