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Islande (3): Trek du Sveinstindur à Eldgja

de Patrick
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Eldgja, la plus grande fracture éruptive au monde.

 

Départ du Landmannalaugar sous la pluie…

Départ du Landmannalaugar en bus pour le refuge Saeluhüs, début du trek

Il a plu toute la nuit et cela continue…mouillée pour mouillée, pourquoi ne pas plonger dans la source d’eau chaude? On sort du camp, un peu dur de faire le chemin sous la pluie, mais aucun regret une fois dans l’eau chaude. Ensuite, vient le temps du rangement et du démontage du campement. Notre chauffeur Eynar va conduire le 4×4 et transporter le matériel jusqu’à la fin du trek et nous nous retrouverons tous les soirs. Il arrive vers 12h accompagné de son chien Karpur. Quant à nous, nous partons en minibus rejoindre le début du trek, soit environ 3h de piste. trek Sveinstindur EldgjaNous empruntons d’abord la piste F208 puis bifurquons sur la F235. Malgré la pluie, c’est magnifique. Petit à petit, le paysage islandais change, devient un désert de sable surmonté de petits monticules recouverts de mousse phosphorescente.

Au bout de 2h le chauffeur de bus nous dépose et il nous reste une bonne heure de marche dans ce désert de cendre noire. Rapidement il nous faut traverser un premier gué. Rien de méchant, mais il vaut mieux se déchausser si l’on ne veut pas avoir les chaussures mouillées le lendemain matin. trek Sveinstindur LangisjorNous arrivons vers 16h30 au campement situé au pied du refuge Saeluhüs. Ce refuge non gardé est complet ce soir. Nous sommes au pied d’un lac asséché. Tandis que 5, 6 d’entre nous hissent la tente Mess, les autres s’affairent à monter les tentes individuelles. Il y a des problèmes de fermeture éclair sur une tente. Heureusement, il y a des tentes en plus… Ensuite viennent les préparatifs du saumon en papillote. Stéphane va creuser un trou dans lequel il met le charbon qu’il a imbibé généreusement d’alcool auparavant. Une allumette et c’est parti. Dès qu’il y a de la braise, il étale les pochons de saumon. Un pur régal pour les papilles…que du bonheur! Dans la soirée, les gardes du parc viennent discuter un peu et nous informent que demain le programme, c’est pluie, pluie et tempête… On avisera. Bonne nuit à tous…

 

Le mauvais temps islandais se met en place, la tempête approche…

Randonnée vers le Sveinstindur et le lac Langisjor

Après une nuit un peu arrosée, il fait plus que gris. Quelques rayons très timides font de brèves apparitions. Stéphane décide de partir par les lacs et si cela se dégage, nous monterons au Sveinstindur. Mais ce n’est pas gagné. Très vite, le sommet se couvre, et bientôt c’est rideau. Sveinstindur LangisjorNous avançons jusqu’à surplomber un petit lac, avec au loin le lac Langisjor, qui paraît-il est un des sites les plus magiques d’Islande. Mais la brume recouvre tout le paysage et le vent se lève en tempête: le véritable temps islandais se met en place, nous dit Stéphane. Nous repartons, grignotons, faisons une boucle, mais la pluie et le vent s’accentuent. Nous sommes de retour au camp vers 15h, bien trempés. Nous prenons une soupe puis un thé pour nous réchauffer.

Eynar revient en disant que la tempête est annoncée pour la nuit. Il repart se renseigner s’il y a de la place au refuge. Le refuge est libre ce soir. Nous démontons donc la tente Mess et nos tentes et rapatrions nos affaires à l’intérieur. Seul Stéphane qui teste une tente d’expédition pour MSR va coucher à l’extérieur. Il veut voir comment elle se comporte au vent et à la pluie. Ceux-ci redoublent de force, et nous sommes bien contents d’être au sec. Stéphane nous fait encore saliver: il a prévu pour le repas des écrevisses au vin. Dans la soirée, nous accueillons deux jeunes Allemandes trempées jusqu’aux os. Un peu plus tard, un Américain et un Anglais débarquent complètement paniqués. Ils viennent de se faire arracher leur tente au lac Langisjor. Nous invitons tous ces rescapés à prendre le repas avec nous. Les Allemandes déclinent l’offre, mais les jeunes Américain et Anglais acceptent avec grand plaisir. C’est encore un véritable régal qui nous fait presque oublier le temps exécrable. Nous rentrons sous les couettes, bercés par le bruit du vent et de la pluie, en ayant une pensée pour Stéphane sous sa tente!

 

C’est parti pour un trek incroyable dans le sud de l’Islande…

refuge Saeluhüs, traversées de gué sur la rivière Skafta, refuge Skalingar

Islande SveinstindurIl a plu et venté toute la nuit jusque vers 6h du matin. Au lever, c’est un peu plus clair. Stéphane est indemne et sa tente a très bien résisté. Il entendait le vent s’engouffrer entre les 2 toiles, mais sans que la tente bouge. Après le p’tit déj et le rangement des affaires dans le 4×4, nous partons, accompagnés de l’Américain et de l’Anglais pour environ 6h de marche, dont le fameux passage de gué tant attendu par les uns et redouté par les autres! Le temps alterne entre le gris et les averses. Nous rejoignons rapidement la rivière Skafta que nous longeons un moment. Le paysage est superbe, mais la pluie nous empêche de sortir les appareils photo. Nous arrivons sur un plateau recouvert de cendre avant de descendre un beau canyon.

passage de gué rivière SkaftaEn bas, nous grignotons avant que ne commence le strip-tease: nous sommes bientôt en petite culotte, Gore-Tex et sandales, un look d’enfer pour traverser le gué! Il fait froid et humide. Nous allons franchir plusieurs bras successifs de la rivière Skafta, avec plus ou moins d’eau et de courant. Stéphane nous montre la technique: il faut se tenir par les bras, serrés l’un contre l’autre, et avancer doucement pour résister au courant. Surtout regarder l’autre côté de la rive pour éviter d’être attiré par l’eau. C’est parti pour l’aventure! Le 1er bras n’est pas très profond, mais c’est glacial. Le 2e et le 3e sont de plus en plus larges et profonds avec un peu plus de courant à chaque fois. Chaque duo traverse avec plus ou moins d’appréhension. Ensuite, nous marchons un peu avant de rejoindre le dernier bras: Stéphane a gardé le meilleur pour la fin! Il cherche l’endroit où cela va être le moins difficile. C’est parti! Nous avons l’eau glaciale à mi-cuisse, et un courant qui cherche à nous entraîner. C’est dur physiquement, mais tout le groupe passe sans problème…

trek SkalingarNous passons ensuite à côté d’un beau lac avant de grimper par un canyon étroit. Que du bonheur, surtout que le soleil daigne se montrer. Les appareils photo sont de sortie pour immortaliser ces paysages magiques que l’on ne rencontre qu’en Islande. Une fois sortis du canyon, nous arrivons sur un grand plateau, rejoignons une piste que l’on emprunte, avant de descendre le long d’une petite rivière avec deux belles cascades à droite. Une dizaine de moutons paissent tranquillement. refuge SkalingarVers 16h, nous arrivons au refuge Skalingar, perdu au milieu de nulle part:  une rivière, un champ de lave, des roches de lave aux étranges formes, c’est vraiment photogénique! Le vent qui s’est levé nous  permet de sécher nos vêtements. Nous séchons également nos tentes, mais préférons nous installer dans le refuge Skalingar qui est vide, car le vent est encore annoncé pour la nuit. Stéphane appelle ses copains guides et apprend qu’ils étaient inquiets pour nous. En effet, tous les sentiers de randonnée ont été interdits dans le Landmanalaugar et de nombreuses tentes ont été arrachées, dont une tente Mess qui a été transpercée par le mât central. Nous nous en sortons donc bien et nous apprenons notre première leçon: en Islande, on ne plaisante pas avec la météo. Malheureusement, la tempête n’est pas finie… Espérons que demain les conditions soit bonnes pour la découverte de la faille Eldgja… Rassasiés par une omelette aux champignons, nous allons nous coucher.

 

Eldgja, la gorge de feu

Skalingar, faille Eldgja, cascade Ofaerufoss, Aftavotn

Islande SkalingarLe ciel s’est dégagé cette nuit. Vers 5h du matin, je me lève discrètement pour faire quelques photos, car la lumière est superbe. Au réveil général vers 8h, il fait toujours aussi beau, pourvu que cela dure… Eynar a laissé la remorque et il est parti, on ne l’a pas vu de la soirée. En fait, il a eu un problème mécanique avec le 4×4 et a dû retourner sur Reykjavik. On met les bagages sous la remorque, puis on part vers 10h. Nous remontons la piste puis partons droit dans la pente jusqu’à un col. Nous avons une très belle vue sur le Mayrdalsjökull. Islande EldgjaDu col nous surplombons la faille Eldgja ouverte suite à l’éruption de 984, qui a duré 8 mois et expulsé 13km3 de basalte. Eldgja signifie «la gorge de feu», c’est la plus grande fissure éruptive au monde avec près de 40km de long. Nous restons bouche bée devant un tel spectacle. Nous descendons ensuite dans la cendre en longeant la faille et arrivons en face de la cascade au débit plus qu’impressionnant. Nous pique-niquons dans cette salle à manger à la vue panoramique et imprenable. Eldgja OfaerufossUn dernier regard à Eldgja et nous rejoignons la rivière. Nous croisons du monde se dirigeant vers la cascade Ofaerufoss. En effet, nous ne sommes pas très loin d’un parking. Nous prenons une piste que nous laissons rapidement pour longer un cours d’eau avec de belles petites cascades et arches de lave.

Le ciel se charge petit à petit. Nos amis anglais et américain continuent leur route, remerciant chaleureusement Stéphane et le groupe de les avoir aidés. Mais en Islande, la solidarité prime face à une nature qui peut se montrer impitoyable… Nous poursuivons le long du cours d’eau. Malheureusement, la pluie nous rattrape au niveau d’un sommet au nom imprononçable de Moraudavatnshnukar. On s’équipe pour la pluie, on repart d’un bon pas. Nous devons traverser la rivière qui est beaucoup plus grosse que d’habitude et il faut se résoudre à retirer les chaussures. La 1ère partie n’est pas difficile, car il y a très peu de courant. Malheureusement, Monique glisse et tombe sur le poignet. Elle se relève, mais a très mal. Nous continuons jusqu’au pont de lave qui est recouvert d’une eau tumultueuse. Stéphane n’avait encore jamais vu l’eau submerger le pont de lave. C’est donc par deux, en se tenant bien, que l’on traverse cette furie. Plus qu’1/4h pour le refuge Aftavotn. Juste avant le refuge, nous croisons deux 4×4. Stéphane interpelle le 1er, ce sont des Français. En effet, il craint que Monique se soit fracturé le poignet et préfère qu’elle soit examinée au poste de secours. Après le thé pour se réchauffer, c’est la préparation des spaghettis bolognaise. C’est toujours le déluge quand on va se coucher vers 21h30. À suivre…

La suite du voyage...

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