Blog Voyage & Trek TrekEthiopie Djibouti (7): lac Abbe, lac Assal, Ardoukoba

Djibouti (7): lac Abbe, lac Assal, Ardoukoba

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Djibouti, le plancher de l’Afrique (-153m)

 

Cheminées de calcaire, vestiges du lac Abbe vieux de 6.000 ans

République de Djibouti: Lac Abbe, Dikhil

enfant Djibouti Vers midi nous arrivons au village de Gallafi où nous accomplissons les formalités au bureau de l’immigration. Cela prend un certain temps, puis nous prenons notre dernier repas en Ethiopie dans un restaurant local où nous assistons à la cérémonie du café.

De nombreux enfants viennent nous voir et baragouinent quelques mots en anglais. Nous partons pour Djibouti. Nous quittons l’équipe d’Origins Ethiopia et sommes accueillis par l’agence Doplhin Services. Elle est tenue par des Français vivant depuis plus de 20 ans à Djibouti. Nicolas est le responsable, secondé par Max et aussi Jérôme, vétérinaire, qui vient très régulièrement de France.

La République de Djibouti est indépendante depuis 1977. Le français reste la langue officielle et l’arabe littéraire est la 2nde langue. Il y a également le Somali et de nombreux dialectes.

Djibouti lac AbbeDe nouveau nous accomplissons les formalités d’immigration et donnons notre profession pour que le fonctionnaire djiboutien effectue le même travail d’enregistrement que son collègue éthiopien. Les traductions sont très approximatives: ingénieur télécom se transforme en standardiste et psychologue en docteur! Cela fait, nous nous répartissons dans deux 4×4 et un pick-up. La climatisation est bienvenue même si nous nous en sommes passés pendant 12 jours.

Nous faisons un bon bout de route où nous croisons de nombreux camions chargés venant de Djibouti et se dirigeant vers l’Ethiopie. Le long de cette route, des feuilles de palmiers ont été coupées pour confectionner les «doums» ou nattes tressées. lac AbbeNous prenons une piste pour rejoindre le lac Abbe. Nous traversons des villages très animés. Cela fait drôle d’entendre parler français, pas forcément très bien mais quand même. Au loin, nous apercevons des gazelles Pelzen.

A la tombée de la nuit, nous faisons un arrêt pour faire des photos sur le lac Abbe: les cheminées, les colonnes de travertin se découpent sur le ciel crépusculaire. En arrivant au camp chacun choisit sa Daboïta, hutte typique recouverte de doums abritant des lits de camp. Après le repas, les enfants du village entament un spectacle de danse. Ces derniers nous invitent à danser. Nous sommes avec un groupe d’une dizaine d’Ecossais. Avant de se coucher, nous tentons une douche sous un petit filet d’eau fraîche. C’est bon quand même.

 

lac AbbeDépart vers 6h pour une bonne heure de randonnée parmi les cheminées du lac Abbe. Il y a une vingtaine d’années, elles étaient quasiment toutes les pieds dans l’eau, nous dit Nicolas. La lumière du matin permet quelques clichés intéressants de ces formes fantomatiques. De retour au camp, de gros beignets nous attendent pour le p’tit déj. Puis nous allons à pied le long du lac Abbe voir les flamants roses. Nous croisons de nombreuses femmes avec leurs troupeaux de chèvres et moutons qui se dirigent vers la rivière.

lac AbbeNous parcourons environ 4km et le terrain devient de plus en plus mou. Patrick, qui veut se rapprocher un peu plus des flamants pour les photographier, s’enlise jusqu’aux genoux. Dur, dur de se ressortir… De retour au camp, c’est le nettoyage puis le chargement des véhicules pour rejoindre la ville de Dikhil où nous prendrons le repas. La ville est très animée, mais comme nous sommes en pays musulman il n’est plus question de prendre des photos.

De nombreuses femmes ont un petit étal avec une serpillière. Que peut-il bien y avoir dessous? Du khat, cette plante si convoitée par les habitants qu’ils importent d’Ethiopie en quantité astronomique, plusieurs tonnes par jour. La serpillière sert à humidifier les feuilles afin qu’elles conservent leurs propriétés psychotropes.

 

Dikhil caféNous prenons un repas pantagruélique : salade de choux, riz, pâtes, pommes de terre, puis poulet et frites. J’achète une étole dont je négocie le prix. Mais la boutique est tenue par des femmes voilées qui ne parlent pas un mot de français, heureusement un homme arrive et fait l’interprète. Après négociation, cela se termine à 100 birrs! Un autre jeune homme arrive en me demandant combien j’ai payé. Il me dit que c’est correct et me demande s’il me faut autre chose. Oui une ceinture. En effet, Gebriel a offert à Laurent une tchourot pour son anniversaire (sorte de jupe portée par les hommes en Ethiopie) qu’il convient de porter avec une ceinture de cuir. Il nous guide dans le bazar attenant au restaurant où il y a de tout. Laurent y trouve en effet une ceinture. En cadeau, le jeune m’offre des épices pour le thé.
lac Abbe

Après ces quelques emplettes, nous repartons en direction du Grand et du petit Barra qui sont d’anciens lacs. Nous sommes dans un paysage désertique de savane. Nous suivons deux gazelles Pelzen qui font des bons gigantesques devant le 4×4. Vers 17h30, nous surplombons la mer. Nous faisons un arrêt et Max nous explique la théorie des failles et des plaques continentales. La faille éthiopienne s’écarte de 0,8cm/an tandis que la faille djiboutienne s’écarte, quant à elle, de 2,5cm/an. Le vent est glacial et nous ne nous attarderons pas trop sur les explications. Très vite, nous apercevons le Lac Assal, en partie recouvert de sel. Nous arrivons au campement à Dankalelo, en bord de mer. Nous y passerons 2 nuits dans des daboïta. Le vent souffle toujours. Nous mangeons sous une terrasse, à l’abri, avec vue sur la mer.

 

Ardoukoba, le dernier né des volcans du Rift

Trek sur le volcan Ardoukoba

djibouti failleAprès une très bonne nuit, des seaux d’eau nous permettent de prendre une douche fraîche. Le vent souffle toujours aussi fort. Nous partons vers 7h30 pour un trek en direction du volcan Ardoukoba, le dernier né des volcans du Rift, en 1978. Nous faisons un arrêt où nous dominons le lac Assal et la grande faille. C’est très impressionnant de contempler le grand Rift africain à ciel ouvert. Il y a un dénivelé négatif d’environ 150m sur une distance de 3 à 5kms. Le lac Assal se situe en effet à 157m sous le niveau de la mer, c’est la 2ième dépression la plus profonde après la Mer Morte (- 350m). C’est par contre le lac Assal qui contient le plus fort taux de salinité (env 348g /l). Nous prenons une piste pour rejoindre la mer de lave dont le diamètre est immense. De grosses plaques sont soulevées, un vrai champ de bataille. Puis nous arrivons sur un très beau tunnel de lave.

ardoukobaNous reprenons les véhicules pour aller sur le volcan Ardoukoba. C’est une belle ligne de crête avec de nombreux cratères et le lac Assal en toile de fond. Le paysage est magnifique, un peu lunaire. Au bout de la crête, un monticule de lave noire, le volcan Ardoukoba, que quelques-uns d’entre nous graviront. Le trek dure 4h, il fait très chaud et nous sommes très heureux d’avoir le vent pour nous rafraîchir un peu. Nous sommes de retour au campement vers 14h où le repas nous attend avant la baignade. Il y a de nombreux Français, des familles de militaires qui sont venus passer le WE au bord de mer. Après, c’est sieste pour les uns et baignade pour les autres. Le soir, les brochettes se font attendre. Nous regrettons tous Salomon, notre cuisinier éthiopien. Quelques parties de belote achèveront la soirée.

 

 

Le lac Assal

Une banquise de sel!

lac AssalDernière sortie le matin en direction du lac Assal. Avant d’arriver au pied du lac, nous faisons une halte pour observer la diatomite, un calcaire compacté du à la décomposition d’organismes cellulaires vivants dans l’eau douce. Nous longeons le lac Assal et pouvons admirer le contraste entre, le vert pâle du lac, le blanc immaculé du sel tout autour et le ciel bleu. Au pied du lac Assal, de jeunes vendeurs nous proposent des géodes, des cristaux de sel, de gypse. Après les négociations habituelles, chacun repart avec un souvenir.

lac AssalPuis, petite randonnée sur la banquise de sel, en forme de croissant de 61km2 et d’une épaisseur maximale de 80m et sur le lac Assal en faisant attention de ne pas trop s’enfoncer. Quand nous partons, un groupe de Japonais arrive pour se baigner. De retour au campement, nous prenons le repas de midi avant de partir pour l’aéroport de Djibouti.

Commence ensuite une longue attente, avant d’embarquer pour Addis Abeba, puis pour Paris que nous atteindrons vers 7h30. Nous espérons que ce récit et ces photos vont donneront envie de découvrir l’Ethiopie et Djibouti, pays hauts en couleur, et ses nombreuses ethnies dont les caractéristiques communes sont l’accueil et la gentillesse.

La suite du voyage...

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